Cap vert

29 decembre.
Arrivee au Cap vert a Tarrafal de Sao Nicolao.
Je pensais être largement à l’abri du vent et de la houle derrière cette longue île et le mouillage promettait d’être des meilleurs après cette traversée agitée depuis les Canaries. Mais seule la houle diminua alors que le vent allait jusqu’à plus de 30 noeuds. Planet Ocean prend le vent de côté, puis au près pour fendre le clapot, écumant les flots à 10 noeuds. Nous arrivons un peu plus tôt que prévu, mais ça tombe bien car le mouillage est occupé par une dizaine de bateaux, et il faut trouver un bon ancrage pour tenir le vent qui descend des ravins en rafale. Je choisis de m’éloigner un peu du groupe à proximité de la jetée, ça rallonge le trajet en annexe, mais le vent y est moins fort. En fait le vent finit même par tourner pendant la nuit, plusieurs fois, sur 360 degrés… au petit matin la chaîne s’était enroulée autour d’un bloc de roche, j’ai dû plonger pour arranger ça!
Nous retrouvons à terre Francis et Romi, couple d’amis de Bordeaux installés depuis quelques années au Cap Vert, qui nous guident dans de ce nouveau pays. Le marché du port nous fournit eau et produits frais de base (très basique patates, carottes, oignons et papaye), on trouve le rhum (appellé « Grog » localement) et le pain à la supérette. L’Afrique créole nous sourit et nous prenons enfin conscience de notre latitude.

Un matin, Francis est passé nous voir avec son bateau très tôt le matin, Noé et moi sommes partis pêcher avec lui. La traîne n’ayant rien donné, nous avons trouvé par le fond des cabiloutes, de quoi nourrir l’équipage. Francis était un peu déçu qu’on ne rapporte ni thon ni dorade, mais Noé était ravi de sa matinée en mer sur un bateau de pêche.
le 3 janvier, tout l’equipage de PlanetOcean est monté au sommet du Monte Gordo, 1304m dont seulement 500m en minibus. Les enfants nous ont épatés et ont grimpé courageusement. Noe voulait tellement aller mettre sa tete dans les nuages. Puis nous sommes descendus rapidement à cause de la fraîcheur au sommet, dans les nuages la condensation était telle qu’on se croyait dans un freezer.
Nos journées pendant cette semaine furent rythmées par les activités des enfants le matin, le marché d’où nous rapportions aussi l’eau en jerrican pour remplir les cuves au fur et à mesure, les ballades, un peu de bricolage sur le bateau bien sûr histoire de ne pas perdre la main…

Un soir, j’avais pensé pouvoir laisser l’annexe à l’eau pour la nuit, mais le vent s’est levé. A 5h du mat je me réveille avec un drôle de pressentiment et sors sur le pont. L’annexe s’était retournée, le moteur bien accroché mais plein d’eau de mer, les quelques tongues, les rames et le bidon de secours ont dû partir au large… Bonne leçon pour moi, j’ai dû demonter le moteur chez Francis et on lui a fait un grand nettoyage, maintenant il fonctionne encore mieux!

Après une semaine d’escale avec nos amis, nous devons partir chercher Vincent à Praia sur l’ile de Santiago. 130 miles à parcourir, nous levons l’ancre dans la matinée du 5 janvier pour arriver au petit jour du 6 dans la baie de Praia.
Praia, capitale du Cap Vert et escale technique s’il peut en être… Arrivée au mouillage dans la baie très protégée de Porto Praia, nous trouvons 5m d’eau trouble devant un mini ponton et une décharge publique aux effluves nauséabondes… Je fais les papiers : immigrations et tampons d’entrée des passeports, capitainerie pour déclarer notre entrée (pas indispensable sur Sao Nicolao) puis avec Odile, les courses de frais au marché et supérette (même un leader price!). L’ambiance est plus industrielle que sur Sao Nicolao et les locaux plus nerveux, voir agressifs. J’ai quelques discutions  «houleuses » avec Georges, le jeune qui « garde » les annexes quand on débarque : il demande toujours plus de sous pour sa bienveillance et sent de plus en plus l’alcool… Un jeune marin d’un autre bateau s’est fait agressé à coup de pierre la nuit du 31. Vincent nous arrive dans la nuit et embarque sans souci, au matin suivant nous quittons ce mouillage pas très accueillant et mettons le cap au Nord et touchons Tarrafal de Santiago en fin d’après midi, où mouillent 3 vieux ketchs et quelques bateaux de pêcheurs . La petite baie est accueillante et le vent y reste raisonnable, le mouillage correct, le site se prête à la relâche… Odile repartira le lendemain, après avoir abusé du soleil pour faire croire qu’on n’avait eu que du soleil! Son soutien sur le bateau nous a été d’un grand secours, dans les manoeuvres, les activités des enfants et la vie à bord. Merci Odile! Nous faisons d’agréables rencontres, notamment une autre famille dans un ketch qui voyage avec 2 filles dont l’une a 3ans ½. Camille et Noé rivalisent et tentent de ravir la belle, mais Lili ne s’en laisse pas compter et va de mains en mains avec plaisir! Nous prenons enfin le temps de nous relâcher un peu, plage avec les enfants, visite du centre ville,, marché, internet (quand ça marche…), sans oublier la préparation de la prochaine étape, la traversée de l’Atlantique. Nous avons prévu de redescendre à Praia dimanche 15 janvier, pour faire nos papiers de sortie lundi et finir le marché de frais avant de reprendre le large. L’atmosphère à bord est sereine, les vents seront portants, le principal désagrément pouvant venir de la houle et rendre la transat plus désagréable.

Olivier

PS: Nous vous mettrons des photos des que internet fonctionnera

Canaries- Cap-Vert, Décembre 2011

24 décembre nous quittons La Gomera aux Canaries à l’heure de la sieste par un temps plutôt clément…
Mais bientôt la houle se forme, le vent se lève et nous propulse telle une fusée vers le Cap-Vert que nous atteindrons en à peine 5 jours (au lieux des 7-8 jours prévus).
Nous avons fêté notre réveillon de Noël en plein océan au large du Sahara, à 150 miles des Canaries, par un vent de 25 noeuds, des creux de seulement 2 mètres mais une houle très hachée… pas toujours facile de garder sa part de bûche au chocolat dans son assiette, ou de garder son assiette tout court…


Heureusement le Père Noël à tout de même réussi à nous trouver pendant le quart de nuit d’Olivier et le moral de l’équipage est au beau fixe après tous ces beaux cadeaux.

25 décembre. Pendant mon quart de nuit je repense à notre dernière escale, Les Canaries.
Loin d’être un paradis de la plaisance, de très rares mouillages forains, peu de marinas et des navigations musclées, j’ai tout de même été surprise par la diversité de cet archipel bien que peut-être un peu déçue par son manque d’exotisme.
Lanzarote avec ses paysages volcaniques étonnants, m’a époustouflée par sa manifestation de forces de la nature. La terre vie, règne et l’homme y survit docilement.

 

 

 

 

Au contraire de Ténériffe, où l’homme occupe le terrain par des champs de culture sous serre (quand c’est possible) et des champs d’immeubles sur presque toute la côte. C’est étrange d’arriver après de si longs jours de navigation si loin de l’Europe, si près de l’Afrique et pourtant d’avoir l’impression de débarquer en Espagne à nouveau. A tel point qu’à Ténerife je me suis parfois demandée si nous avions fait le voyage dans le bon sens.
Mais le beau temps, le ciel bleu, une douce chaleur de fin d’été en plein mois de décembre me rappellent vite que l’Afrique n’est vraiment pas loin.

   

Ténerife nous a également offert une rencontre inoubliable avec un banc de baleines globicéphales, par une mer d’huile sans vent, le bateau à l’arrêt.

Au grand bonheur des enfants, nous avons pu les voir de très très près, entendre leurs souffles, les cris des petits appelant leur mère et autre phénomène étrange qui comme l’ont fait si bien remarqué Noé et Camille, ressemblait à de fortes flatulences. Ces beaux pets marins n’ont pas manqué de faire beaucoup rire nos moussaillons.
Anne nous à quitté aux Canaries, heureuse de son séjour parmi nous elle nous à laissé au mouillage des Cristianos, nos coeurs gros nous lui disons à bientôt. Je ne me fais pas à ces ‘au revoir’.

Deux jours plus tard, c’est Odile (une amie à Anne) qui vient nous rejoindre pour partager notre aventure jusqu’au Cap-Vert. Les enfants sont contents de voir une tête nouvelle et adopte Odile en quelques minutes. Bientôt elle sera baptisée Didi par Camille.
Nous partons alors à La Gomera, notre dernière escale avant la traversée vers le Cap-vert. L’île est plus sauvage, moins construite, préservée du sur-développement touristique, elle nous séduit et nous enchante vite. Alors nous y restons un peu plus longtemps que prévu, nous imprégnant de la vraie nature des Canaries, sauvage, rude et douce à la fois.

La houle et le vent qui forcissent me tire de ma rêverie nocturne. Le bateau devient nerveux, les vagues déferlent, on fait du 10 noeuds avec des pointes à 11 noeuds et de beaux surfs à 13 noeuds.. A l’intérieur, les vagues tapent et font trembler tout le bateau. Ca siffle, ça grince, ça cogne! Je descends dans les cabines jeter un oeil aux enfants qui dorment paisiblement. L’état de la mer, le vent régulier et l’absence totale de bateaux rendent les quarts de nuits plus faciles. 1h du matin, Olivier vient me relever de mon quart. Je me couche et malgré la fatigue je mets du temps à m’endormir. J’ai pas l’habitude de dormir dans de telles conditions. C’est un peu comme si on vous demandait de dormir en plein tour de manège de fêtes foraines. Vous savez celui qui vous secoue dans tous les sens, fait un bruit tonitruant mais avec en plus la conscience qu’à tout moment ça peut casser. Ou presque…
26 décembre
Les enfants vivent plutôt bien les navigations. Le premier soir ils furent un peu barbouillés, comme nous tous mais ça n’a pas duré et maintenant ils jouent dans le carré qu’ils ont transformé en cabane, sans ce soucier de voir ou non la terre, ou la mer. Seul Camille n’aime pas les grosses vagues lorsqu’elles tapent sous la table et renverse son repas.
Il n’y a que moi qui semble dérouiller avec ce fichu mal de mer. Légèrement barbouillée mais avec des maux de tête violents à s’en arracher les yeux. Plus d’énergie, envie de rien sauf de dormir et dormir encore. Mais lorsque enfin je peux m’allonger je n’arrive pas à trouver le sommeil qui me permet d’échapper le temps d’un rêve à cette souffrance. J’aimerais aller mieux, pouvoir faire des activités avec les enfants sans immédiatement avoir le crâne qui explose. Heureusement il ne pleut plus comme au début du voyage, je peux donc sortir, prendre la barre, surveiller les voiles et le vent.
Le vent, de Nord-Est hier semble doucement vouloir passer à l’Est. Bientôt peut-être ce sera le vent du désert, de la Mauritanie? Plus chaud enfin?
Toujours aucun bateau en vue… nous sommes seuls sur l’eau.
Nuit du 26 décembre.
Le vent fort et régulier qui nous fait dévorer les miles à toute allure, le ciel couvert sans étoile et la fiabilité du pilote automatique rendraient les quarts de nuit presque ennuyeux… Mais grâce au baladeur qu’Odile nous a si gentiment offert, je peux écouter des romans lus ou des émissions de radios passionnantes. Mais je ne peux pas en abuser non plus, car ces enregistrements m’emportent parfois trop loin de notre bateau.
Les maux de têtes ne me quittent pas, il va falloir vivre avec … l’inconvénient de ce mal de mer c’est qu’il me donne parfois trop envie de dormir, alors mes quarts de nuits deviennent un bras de fer contre le sommeil. Mais jusqu’à maintenant je gagne toujours la partie.
28 décembre: Vive le Mercalm!
Je lui vaux de ne pas avoir sauté par dessus bord!
Hier fut pour moi une journée noire. Je ne peux même pas vous raconter ce que les autres membres de l’équipage ont fait, je ne m’en souviens pas. Je croyais que ma tête allait exploser de douleur, mes oreilles me faisaient mal et chaque vague tapant sur la coque me traversait, transperçait mon corps, mes os comme une onde de choc. Des idées noires insidieusement m’envahissaient. Après le repas de midi, je sors sur le pont, pour fixer l’horizon, surveiller le bateau et soudain c’est la crise. Je ne tiens plus sur ce bateau, je n’en peux plus de ce tour de manège infernal, je veux descendre, je veux que ça s’arrête. Heureusement j’ai le réflexe de m’éloigner du bord et d’aller me coucher dans ma cabine. Mais là, allongée sur mon lit je redoute la prochaine vague qui me fait trembler de douleur. Me voyant dans cet état semi conscient Olivier trouve une solution moins radicale que celle de me voir sauter par dessus bord et me fait avaler 2 cachetons de Mercalm que lui donne Odile. Rassurée de sa présence je m’endors, le cauchemar s’arrête enfin. Après 5h d’un profond sommeil réparateur, j’arrive à me relever, reprendre une vie à bord presque normalement. J’ai fini la traversée au Mercalm, ce qui m’a permis de moins souffrir, être plus sociable et tenir mes quarts de nuits plus sereinement, sans risquer de sauter en cours de route. 😉

     

    Matin du 29 décembre, nous arrivons au Cap-Vert. L’île de Sao Nicolau n’est qu’à 3 miles mais nous ne la voyons toujours pas tellement la brume est épaisse. Nous mouillons à Tarrafal malgré la houle et surtout le vent en rafale qui souffle dans la baie.

Evidemment les photos ont été faites 4 jours plus tard, dès que le temps s’est calmé.

De Malaga aux Canaries

De Malaga aux Canaries

Partant de Malaga avec une équipière de plus, les navigations allaient être plus faciles, encore ne fallait-il pas partir trop vite, car quelques heures après avoir largué les amarres, Anne rendait déjà son repas de midi. C’est donc avec de courtes étapes et des mouillages sûrs que nous nous sommes rapprochés de Gibraltar pour passer ce fameux détroit dans les meilleurs conditions.

Nous avons d’abord fait un petit tour dans la baie de l’enclave de Gibraltar (pays britannique de quelques km de long au pied d’un gros caillou attaché à l’Espagne), salué quelques cargos de très près et nous avons poussé jusqu’à Tarifa.

Nous voilà alors à la pointe Sud de l’Europe, prêts à quitter la méditerranée pour retrouver l’Océan Atlantique que nous connaissons un peu mieux. La chaleur et les odeurs d’épices nous rappellent que l’Afrique est proche.
Le port de Tarifa est surtout un port de pêche et rien n’est prévu pour les plaisanciers, ce qui était à notre avantage car personne n’est venu nous réclamer quoi que ce soit pour notre séjour à quai. La ville et ses habitants sont très chaleureux et accueillants.            On a très vite compris pourquoi nos copains kite-surfeurs ont placé ce spot si haut dans leur estime : du vent, des vagues si on veut (coté Méditerranée ou Atlantique), des restos et bars sympas, un centre ville typique et très accueillant…
Les enfants se sont baignés,

 

Anne aussi. Steph et moi préférons attendre des eaux plus chaudes…

Nous faisons le plein de clémentines et Turon et quittons ce petit port tranquille après 3 jours de repos, direction les Canaries.

Mais la mer et le vent en décident autrement : la première nuit fut calme et les quarts de nuit juste rythmés par le passage des cargos et bateaux de pêche. La 2ème nuit le vent monte et la houle aussi. L’équipage dort mal et le moral descend, nous décidons alors de faire escale à mi-route à Essaouira sur la côte marocaine.

           
N’ayant pas de carte très précise du port et ne sachant pas s’ils pouvaient nous accueillir (pas de réponse à la VHF), nous suivons une barque de pêcheurs qui nous guident dans les passes avant d’entrer dans le port de pêche.
Personne ne semble prêter attention à notre embarcation et je me demande où nous allons bien pouvoir accoster car le port est plein de chalutiers et de barques de pêcheurs.
Pas un voilier. Ca sent très fort le poisson! Enfin un marin nous fait signe de nous mettre à couple de la vedette de sauvetage. J’ai un peu peur pour notre bateau en plastique à coté de ce monstre de 40t de métal et 3000cv, mais on fini par trouver notre place et je pars faire les formalités d’entrée, avec la bouteille pour le chef de la police, celle pour le capitaine de la vedette de sauvetage et tout le monde est content.
Le capitaine de la vedette me rassure : ils n’interviennent que rarement pour porter un moteur de secours aux pêcheurs, les chalutiers se portant secours entre eux. Nous pouvons donc débarquer sans crainte de les gêner en cas de sortie.
Le lendemain, alors qu’une goélette vient de se mettre à couple de nous sur l’autre bord, un bateau fait un appel de détresse au large et je doit déplacer Planetocean pour laisser partir la vedette de sauvetage.

Celle-ci va nous faire manoeuvrer toute l’après midi dans le port, avec quelques frayeurs, pour finalement rester à quai… (un coup ils font le plein de gasoil, un coup ils essaient les moteurs, l’autre ils se remettent dans le bon sens pour sortir, et à chaque fois nous devons larguer les amarres car il n’y a pas d’autre place pour nous dans le port). J’ai un peu regretté d’avoir donné cette bouteille de vin au capitaine de la vedette…

         

Le soir pour ce remettre de tout ce tohu-bohu, Noé va se faire un thé à la menthe et un hammam avec Steph, y’en a qui ont la vie dure…

Quand nous larguons les amarres, c’est pour viser Graciosa, petite île au Nord de Lanzarote aux Canaries, qui offre un mouillage qui nous a été fortement conseillé. Nous arrivons de nuit et trouvons 4 autres bateaux à l’ancre. Mais quelques heures après avoir trouvé notre place, le vent tourne et monte en rafale. Notre ancre dérape et une partie du mouillage lâche. Ce sont des bruits de frottement sous la coque qui nous réveillent en catastrophe. Je saute dans mon pantalon et bondis sur les commandes des moteurs, nous avons dérapé et le récif n’est plus très loin.
Panique à bord… Je donne quelques instructions à Stéphanie et Anne et éloigne le bateau du rivage. Après inspection, le bateau ne semble pas prendre l’eau, mais le mouillage a souffert, nous ne pouvons plus rester à l’ancre et surtout pas à cet endroit. Nous tentons alors de rejoindre le port le plus proche, mais le vent et le courant se lient contre nous, nous faisons demi-tour pour longer la côte ouest de Lanzarote, abritée du vent, mais dépourvue de baie pour poser l’ancre ou de port pour nous accueillir…Nous voilà partis pour une nav de nuit imposée le long de la côte Ouest de Lanzarote à la recherche d’un port que nous trouverons que dans l’après-midi suivante.

  

Après une nuit éprouvante, nous arrivons au Sud de l’île et trouvons enfin un port protecteur et rassurant.

Une levée du bateau nous permet de voir que le bateau n’a aucun dégât et nous en profitons pour nettoyer un peu les coques.

 

Nous pouvons maintenant profiter pleinement de Lanzarote et visiter cette très belle île, un coup à vélo, le lendemain en Voiture jusqu’aux volcans.
 

Olivier.

Cartagene

Cartagène, ville d’histoire

J’avais envie de vous écrire un mot sur cette ville qui m’a beaucoup ému. Le hasard, les vents, la mer et surtout l’humeur du capitaine ont provoqué cette escale non prévue.
Après le port de Barcelone, très moderne avec ses cartes magnétiques pour accéder au ponton, l’atmosphère de mégapole sous la pluie, l’affluence des bateaux… le “petit” port de Cartagène nous a semblé de taille plus humaine.
Bien sûr il y a à l’entrée un port industriel avec des mines de phosphate et de gros cargos, mais une fois entrés dans le port de plaisance, tout change. Nous nous sommes amarrés au quai donnant directement sur la ville et la promenade du soir. Nous n’étions plus des touristes, mais devenions l’attraction des curieux. Juste en face, le centre ville, les restaurants et les vestiges d’une ville qui témoigne encore de l’histoire de la Méditerranée.

Jusqu’alors pour moi, Cartagène était associée au passage des romains, je l’imaginais comme une colonie lointaine qu’Astérix aurait pu visiter lors d’une de ses aventures! Attention à ne pas confondre avec la tristement célèbre Cartagena en Colombie.


J’ai pu découvrir, gràce à cette étape, une ville qui fut le témoin et l’acteur de l’histoire méditerranéenne à part entière, comme ont pu l’être Rome, Constantinople ou Syracuse.
J’ai toujours été assez nul en histoire, mais je suis presque certain que cette ville n’a jamais été mentionnée dans mes cours d’histoire. Enfin cette étape a été instructive et émouvanteNous avons pu visiter les vestiges des murailles ioniques construites par les cartagenois 3 siècles AV JC, détruites par les romains et renforcées par les mêmes. Là nous avons vu le génie employé pour conduire l’eau à l’intérieur des murs et admiré la finesse des pièces de poterie.
Puis la visite d’un théatre à moitié reconstitué nous a permis de suivre l’évolution de la ville : construction du theatre, transformation par les romains en marché, amoncellement de paillotes et finalement construction de maisons sur les ruines. Ce n’est que récemment que des fouilles ont permis de le remettre à jour.
La visite du château permet d’avoir une vue panoramique : la mer devant, avec cette grande baie protégée qui a servi à chaque époque de refuge aux navires, et cette grande plaine de l’autre coté, surplombée de quelques pics rocailleux et fortifiés. On imagine alors l’effet que pouvaient ressentir les assaillants en arrivant (qu’ils soient romains, phoeniciens ou berbères).

C’est de Cartagène que parti Hanibal (pas le cannibal, mais celui qui a traversé les Alpes avec ses éléphants pour envahir Rome), alors que Scipion arrivait d’Italie et prit la ville démunie de défenses en combinant les attaques par la mer et la terre.

J’ai aussi été impressionné par le travail de transformation de l’environnement avec l’assèchement des marais qui entouraient une partie de la ville. Travail de plusieurs générations d’hommes et d’arbres, qui ont permis à la ville de s’étendre et d’avoir sa taille actuelle. Bien sûr d’autres l’ont déjà fait ailleurs, en France, ou plus encore aux Pays-Bas, mais cette vue depuis ce château permet réellement de se rendre compte de la surface gagnée et nous n’imaginons plus de nos jours un chantier d’aménagement du territoire dont la durée s’étalerait sur 150 ou 200 ans… qui parle de développement durable?…
Olivier

Lanzarote, 8 décembre

Bien arrivés aux Canaries, depuis quelques jours déjà. Nous avons fait une escale de 3 jours à Essaouira au Maroc afin d’éviter une grosse bourrasque et une mer devenant très forte. Puis nous sommes arrivés au Nord de l’archipel des Canaries et souhaitions mouiller dans une petite baie prometteuse de l’île de Graciosa. Mais le vent en a décidé autrement et après une belle frayeur qui nous fit sauter de notre lit au beau milieu de la nuit, nous voilà amarrés au ponton d’une belle marina très accueillante à Playa Blanca sur Lanzarote. très bientôt nous vous donnerons des news plus détaillées sur ces dernières semaines en mer. De belles émotions au programme!

Malaga

Après un très agréable stop à Cartagène (dont nous vous parlerons plus longuement lors de notre prochain article) nous voilà à Malaga. Anne vient de nous rejoindre et nous partons cet après midi vers les Canaries. Donc surtout ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas de nouvelles pendant une dizaine de jours car nous prendrons notre temps pour descendre, avec des stops prévus à Tanger, Essaouira… Bises à toutes et tous, et nous vous envoyons un peu de soleil Andalou.
steph

L’ Amarinage plutot que La Marinade!

Voilà plus d’une semaine que nous avons largué les amarres et voici quelques nouvelles du bord :

Nous étions 4 au départ, rassurez-vous, malgré une fluctuation du nombre de passagers.

La météo et le bien être de l’équipage ont modifié notre itinéraire de départ qui devait nous faire longer les côtes des Baléares. Nous optons donc pour le continent.
La pluie ne nous a pas quittés et nous sommes ravis de trouver un peu de soleil à notre arrivée à Cartagene hier!

Depuis Canet en Roussillon, Planet Ocean a longé la côte en navigant quelques heures par jours, permettant à tout l’équipage de trouver son rythme et celui du bateau. Nous avons opté pour une escale à Barcelone plutôt que les Baléares, quitte à être sous la pluie, autant faire du tourisme en ville. Nous avons tous aimé la Sagrada Familia, les petites ruelles et la crème catalanes.

Puis, profitant d’une bonne fenêtre météo, nous sommes partis pour 2 jours et 2 nuits de navigation. Mer agitée, vent 15 à 20 noeuds dans le cul, juste ce qu’il fallait au bateau pour décoller la longue barbe qui lui était poussée sous les coques dans le port de Canet! L’estomac de Steph n’était pas si ravie, mais nous nous en sommes très bien tirés, entre le manque de sommeil dû aux quarts, la houle, la pluie et les activités des enfants.

Les enfants se sont bien adaptés à leur nouvel environnement. Les repas et les siestes rythment les journées.

Camille est toujours aussi casse-cou et nous ne pouvons jamais relâcher notre attention. Il ne pense pas toujours à se tenir et surestime un peu son sens de l’équilibre. Il est aussi très volontaire et m’aide déjà à tirer sur les bouts.

Noé joue beaucoup avec ses voitures, jeux de construction et apprend à lire avec enthousiasme. Ses copains lui manquent un peu et il aimerait bien partager un peu ses aventures avec eux. On va essayer de les joindre avec Skype.

Nous allons profiter de cette étape pour visiter Cartagène, avant de reprendre la mer en visant Malaga pour embarquer Anne et préparer notre passage de Gibraltar et la route des Canaries.
Olivier

Larguer les amarres

Longtemps nous en avons rêvé, puis nous en avons parlé, avant de nous y préparer.

Aujourd’hui nous y voilà, au pied du mur, ou devrais-je dire au bout du ponton… prêts à partir.

Souvent je me suis demandée ce qu’on pouvait bien ressentir la veille du grand départ, du grand saut vers l’inconnu. Et nous y voilà.

Prise dans la tornade des derniers préparatifs je me surprends à en oublier presque le départ.

Je n’arrive pas à dire au revoir à mes proches, soit parce que je ne réalise pas vraiment, soit pour me protéger de ces vagues d’émotions intenses qui parfois me submergent et m’envahissent lors d’un dernier baiser à la famille, un coup de fil à un ami sous la pluie ou une étreinte sur le ponton.

Après ces 2 semaines passées à bord de PlanetOcean, le bateau est devenu notre maison, les enfants ont trouvé leurs repères et tout semble étrangement normal, presque routinier.

Demain matin, au levé du soleil nous larguons les amarres du bateau, mais je réalise ce soir que le voyage a déjà commencé. Mais quand exactement, difficile à dire ? Le jour où nous avons décidé de partir, ou bien lorsque nous avons acheté notre bateau ? Ou peut-être lorsque nous étions en train de le rénover, non, plutôt le jour où nous l’avons remis à l’eau… ou bien quand nous avons mis toutes nos affaires dans des cartons et vendu le superflu, ou bien encore quand nous avons quitté la maison…

Ces amarres que nous larguerons demain sont en fait les dernières d’une longue série.

Car pour nous préparer à cette nouvelle vie, nous en avons larguées des amarres professionnelles, administratives, matérielles, sentimentales mais nous en sommes que plus forts aujourd’hui même si nous nous sentons fragilisés et un peu nus.

Ce soir, seule au calme, dans le carré du bateau, les enfants dorment, le capitaine boucle les derniers préparatifs sur le pont et je suis heureuse de vous sentir toutes et tous là, près de nous. Vous êtes nombreux à nous accompagner, nous soutenir, nous encourager ou nous mettre en garde. Merci à tous !

Nous vous promettons de rester humbles face à la mer et donc très prudents, de vivre intensément cette aventure et de la partager au mieux avec vous tous.

Vous pourrez nous suivre grâce à Facebook : planetocean boat, ou notre blog: www.planetocean-adventure.com (qui n’est pas encore totalement à jour, mais ça va venir…).