Galapagos retour aux sources

DSC_0128Les iguanes marins, les tortues géantes, les pinsons, Darwin… Voilà ce qui nous attirait vers ces iles isolées dans le Pacifique. Et nous n’avons pas été déçus !

iguane-mariniguane-noe

Le plus agréable, c’est que l’on peut approcher ces espèces uniques de très prés, elles sont peu farouches car habituées à ce qu’on les respecte ainsi que leur environnement. On doit toujours observer une distance minimale de 2m avec les animaux (mais eux ne la respecte pas!), et 2 mètres, c’est déjà très proche et ça nous a permis de nous assoir tranquillement avec les tortues, les fous à pattes bleues ou les iguanes en les regardant dans leur quotidien. Les pinsons et les moqueurs viennent d’eux même, curieux… tortue-centenaire

On se demande alors qui est observé…

 

 

Nous avons aussi eu la chance de nager avec les otaries, dont le comportement rappelle beaucoup celui des chiens : ils aboient, jouent avec des morceaux de bois et ont presque la même gueule que les canidés. On se demande s’ils ne remueraient pas la queue si elle était plus grande ! Les plus joueurs sont les jeunes et ils s’approchent de très pres pour nous toucher avec leurs moustaches rugueuses, viennent faire des bulles devant le masque ou lâcher un concombre de mer devant nous en hochant la tète rapidement, pour nous inciter a jouer avec eux. Nous avons tous apprécié cette complicité avec ces animaux sauvages dans la nature.

otaries

La faible fréquentation des sites, des plages et des sentiers était pour beaucoup dans notre plaisir de rencontrer ces animaux. On a souvent été seuls sur les sentiers et sur la plupart des sites. Certes nous étions hors période touristique, mais aussi le gouvernement équatorien vise un tourisme haut de gamme et les séjours sont très chers : peu de touristes, mais ceux-la paient cher. Ca permet de garder des revenus conséquents en évitant le tourisme de masse, qui pourrait être néfaste au parc.

Les iles des Galapagos sont un parc gigantesque au milieu de l’océan, les règles en sont strictes et les excursions très encadrées. On ne peut partir plonger sans un guide et les circuits sont bien organisés et souvent encadrés. La meilleur façon de visiter ces iles, a mon avis, est la croisière a bord d’un « crusero ». Certes ce n’est pas notre façon de visiter un pays, mais je pense que les bateaux de croisière permettent d’optimiser un séjour court. Ils s’arrêtent sur chaque ile et proposent les circuits qui vont a l’essentiel et font découvrir ainsi la spécificité de chaque ile.

Nous avons pu éviter les « circuits touristiques » parce que nous avions du temps et avons largement profité des plages a proximité de notre mouillage et des sentiers libres d’entrée. Nous nous sommes tout de même accordés quelques plongées (de 90 a 150$ la journée selon les sites, tarifs de la basse saison…) afin de voir de plus prés les raies aigles, mantas, tortues marines, hippocampe, petits manchots, requins des Galapagos et même requins marteaux !

 

ferme-de-BolivarLe temps nous a aussi permis de rencontrer les habitants, ce qui sur Isabella par exemple, aurait été impossible en n’y restant que quelques jours. Nous avons pu observer que les touristes ne restent que 2 a 4 jours sur l’ile et les locaux ne vont pas a leur rencontre, si ce n’est pour leur vendre une excursions ou un hôtel.

Pendant 2 mois dans ces iles, nous étions le seul voilier, et au bout d’une semaine certains étaient même surpris de nous voir encore, alors les gens se sont ouverts et nous avons découvert l’autre face de ce paradis touristique. Les revenus touristiques (guides, excursions en 4×4 ou bateau, hôtellerie) ne sont pas équitablement partagés et profitent surtout a quelques familles et organisations. Depuis peu, les revenus du parc naturel (taxes d’entrée principalement) vont directement au gouvernement d’Equateur et les dépenses du parc sont donc gérées depuis le continent. Cette mesure a été prise afin de limiter la corruption. Elle est certes efficace, mais prive aussi les institutions locales de leur réactivité et de leur faculté d’adaptation aux besoins. Les rangers ont peu de moyen pour surveiller cette zone énorme, du coup, l’évolution des structures en pâtissent et le braconnage est courant.

Alors que nous, les voiliers, sommes surveillés de très prés : interdiction de pécher, de nettoyer la coque du bateau, de visiter certains sites sans guide du parc… nous avons pu observer des pécheurs proches de la cote, avec ces grandes lignes (interdites a moins de 40 miles du parc) dont les hameçons attrapent sans choisir requins et autres espèces protégées, et vident le garde-manger des espèces locales. J’ai aussi été surpris de voir les pécheurs de langoustes avec leurs compresseurs, qui certes respectent la saison de reproduction, mais ratissent quand même les fonds afin de vendre leur marchandise localement et a l’exportation. Ce type de pèche est apparemment légale et les pécheurs étaient même surpris de savoir que c’est interdit ailleurs. Ces mêmes pécheurs vident aussi les fonds de ces fameux concombres de mer, dont les chinois raffolent. Mais les concombres de mer n’ont pas le même attrait que les tortues terrestres, aussi, si on reproche aux humains d’avoir surexploité les tortues (pour leur chair et surtout pour leur graisse, dont l’huile participait aux éclairages nocturnes des villes du continent), l’avenir des concombres semble moins intéressant… attention a la vengeance du concombre masqué !

Notre séjour prolongé nous a donc permis d’être témoins de ce complexe paradoxe entre respect du parc et de ses règles indispensables, et la recherche de revenus pour chacun. De nombreux jeunes pécheurs et paysans se sont reconvertis en guides touristiques et ont largement amélioré leurs revenus. Mais la volonté de limiter le nombre de visiteurs (les taxes et droits d’entrée au parc augmentent considérablement chaque année en vue de se limiter aux touristes riches) n’offrent pas de perspectives a ceux qui souhaitent changer d’activité. Les parties hautes des iles, plus fraiches et humides, profitent a l’agriculture et l’élevage, mais encore une fois, les jeunes s’en désintéressent. Ce qui est bien dommage : ils produisent des fruits et légumes de qualité, sans produits chimiques et les sols sont exemptes de bien des maladie du continent. Les oranges, citrons, mandarines, pamplemousses, maracujas (fruit de la passion), goyaves, ananas et autres fruits sont délicieux et on nous en a offert en grande quantité. La viande est aussi de bonne qualité et les chasseurs ramènent du cochon sauvage, parfois de la chèvre. La gastronomie équatorienne ne nous a pas laissé indifférent et je crois bien avoir repris quelques kilos pendant notre séjour…

Nous avons rencontré des gens admirables et conscients de leur patrimoine, mais nous avons aussi observé un consumérisme qui nous a paru déplacé et aberrant. La mode des supers androïdes et fringues de marque sévit jusqu’ici. Chacun veut son super écran plasma et ses lunettes Oklay. Les taxes en Équateur vont jusqu’à 100%, auxquelles il faut ajouter le cout du transport, donc le prix d’un T-Shirt de marque ou du dernier téléphone est, aux Galapagos, 2 a 3 fois le prix américain ! Alors ma conscience me demande : « comment peut-on associer la société de consommation avec un parc naturel unique au monde ? ». Heureusement nous avons aussi rencontré des jeunes (peu nombreux), pleins d’enthousiasme et admiratifs de la nature environnante, qui préfèrent, par exemple, acheter une combinaison de surf ou du matériel de plongée. Je pense qu’il y a un réel effort a faire du coté de l’éducation, pour sensibiliser les jeunes a l’environnement dans lequel ils vivent.

Les premières générations sont arrivées dans un pays vierge et hostile, ou il a fallu tout construire. Ces pionniers ont créé l’agriculture et l’élevage, qui permet maintenant a ces iles d’avoir une relative autonomie. Les nouvelles générations vivent sur ces acquis et l’héritage des biens fonciers qui ont pris énormément de valeur.

Et Darwin dans tout ça ? En fait, par rapport au temps qu’il a passé sur ces iles, son impact et son souvenir on été très importants. Il s’est notamment principalement appuyé sur ses observations des pinsons pour l’élaboration de sa théorie, mais si il avait eu plus de temps, il aurait surement approfondit ses observations sur l’évolution des tortues géantes, qui se sont adaptées de façon différente sur chaque ile.

Pour nous, simples visiteurs, les caractéristiques des tortues et leurs facultés d’adaptation sur chaque ile est beaucoup plus facile a voir : elles sont bien plus grosses et moins rapides que les pinsons. Cela nous laisse le temps de les observer tranquillement, de remarquer a quel point leur cou s’est allongé afin d’accéder aux plantes plus hautes… Certaines font plusieurs centaines de kilos, mais cela ne les empêche pas d’aller ou elles veulent, malgré le terrain accidenté par les éboulis volcaniques enchevêtrés de plantes et d’arbres rustiques.

ninja-oliv

Mon meilleur souvenir reste la nage avec les otaries. On peut, sans que cela ne semble les déranger, les observer se faire des câlins et jouer ensemble. Puis quand elle en a eu envie, l’une d’elle est venue me voir, curieuse comme moi. Ses grands yeux noirs m’ont observé et captaient chacun de mes mouvements. Je jouait a l’imiter en me mettant sur le dos, la tête en bas, buvant une goulée d’air a la surface de temps en temps, faisant des bulles dans sa direction. Alors je plongeait en tournant et c’est elle qui m’imitait et filait comme une flèche entre mes jambes. Quelle agilité ! Après 10 minutes de jeu, je n’en pouvais plus, a bout de souffle… elle est retournée voir ses copines.
cliquez sur ce lien pour voir la vidéo:  oliv&otarie

Olivier

Nos années Kuna Yala

KUNA YALA
(Kuna se prononce Gouna.  Etym: « Yala » montagnes, terres; Les montagnes Kunas)

carte panama territoire Kuna

« C’est le territoire des kunas défini en 1953 par la Carta Orgánica de la République du Panamá. Appelé dans le document d’origine  Comarca de San Blas c’est plus récemment qu’il reçut son nom kuna pour devenir Comarca de Kuna Yala et depuis 2010: Comarca de Guna Yala. Ce territoire autonome comprend une bande de terre de 320 000 ha le long de la côte Atlantique du Panamá allant de Puerto de Obaldía, à la frontière avec la Colombie, jusqu’à la Punta de San Blas à l’ouest, soit une longueur d’environ 230 km. Il comprend aussi plus de 365 iles coralliennes qui s’égrainent tout le long du territoire continental, toutes aussi belles les unes que les autres, affleurant à peine, souvent ourlées d’un lagon turquoise »  M. Lecumbery

 

Olivier
Je me souviens que notre arrivée au Kuna Yala fin Juin 2013 fut très dure. Après 5 jours de navigation sportive en provenance de la Jamaïque, nous étions heureux de pouvoir enfin poser notre ancre et nous reposer. Mais à 5 miles de l’arrivée, nous avons essuyé notre premier « coup de pollo » : dépression de quelques miles de diamètre, avec de fortes précipitations, de l’orage et des vents violents. Certaines rafales atteignent 70 nœuds! Heureusement, ça ne dure pas longtemps, juste assez pour bien flipper.

polloCes « culo de pollo », traduire « cul de poulet », furent très fréquents les premiers mois qui suivirent notre arrivée, presque tous les jours ou nuits et j’avoue que j’en ai beaucoup souffert. En général ça arrive à 3 ou 4h du matin et ça vous réveille pour une heure. On enfile alors notre veste de quart et je démarre un moteur pour être prêt au cas où l’ancre dérape malgré les 60m de chaine! Le danger vient aussi des autres bateaux à coté de nous, qu’on distingue à peine. On en profite aussi pour refaire le plein d’eau douce en récupérant l’eau de pluie (seul point positif…). Quand l’orage est là, on ne voit plus les iles autour et encore moins les récifs environnant, c’est assez stressant sans parler des éclairs qui menacent de nous foudroyer.

 

pollo2Une nuit on a évité la catastrophe de très près. L’ancre avait dérapé, j’étais aux commandes, moteurs en route, Steph sur le pont avec un phare pour se repérer, quand soudain un éclair a illuminé un récif à 2m de la coque bâbord! Un deuxième éclair met à jour un autre récif « à 1m sur tribord » me crie Stéphanie! Une grande marche arrière et une bonne frayeur plus tard, nous sommes allés mouiller plus loin dans le lagon, au milieu de nulle part.

La fatigue des mauvaises nuits, les frais d’entrée au Panama (à peine arrivés vous devez alléger votre portefeuille de plus de 600 dollars) et le manque de bateau-copain m’ont démoralisé ces premiers mois.

Heureusement le temps s’est amélioré, les rencontres humaines nous ont réchauffés les cœurs et nous avons ensuite pu visiter ce magnifique archipel avec plus d’enthousiasme. Le voyage pouvait continuer et j’oubliais mes envies de retour à terre.

ile4

après la pluie, le beau temps! Tortuga island, la mer des Caraibes derrière

Stéphanie :
Comme vous deviez vous en douter, si les magnifiques iles du Kuna Yala n’avaient été que plages de sable blanc, eaux cristallines et cocotiers nous caressant de leurs ombres bienfaisantes, nous ne serions pas restés deux ans au Kuna Yala.

ile arc camilleile arcile pirogue

Mais alors, comment vous parler du Kuna Yala? Comment vous faire partager cette escale devenue initiatique, sans la dénaturer, sans la balayer de clichés grossiers, sans la peindre aux seules couleurs exotiques dont le monde raffole?

arrivée aux SanBlas en lanchaCar le Kuna Yala est justement l’antidote à l’exotisme mis « touristiquement » en scène, au folklore avec ses coutumes en carton-pâte. Et notre devise « faire un voyage à la rencontre de l’Autre » a pris ici toute sa dimension.

Nous avons certes su prendre le temps, mais surtout nous avons accepté de changer notre regard et osé rentrer dans la vision du monde de l’Autre.

Les Kunas nous ont en quelque sorte appris à aller vers l’Autre. «L’Autre compris non pas dans son irréductible différence mais dans sa proximité, et même dans sa proche fraternité». (JC. Guillebaud)

Il s’est effectué alors tout naturellement un partage de vie qui à jamais nous changera dans nos âmes.

famille kunaEn arrivant au Kuna Yala nous avons eu l’impression de pénétrer au cœur d’un documentaire de National Geographic. Nous regardions les indiens Kunas comme d’étranges êtres aux coutumes obscures. Nous les voyions comme hors du temps. Un peuple mystérieux et inaccessible.

 

femme6Or avec le temps ; car toute la richesse de notre aventure réside justement dans ce temps que nous avons décider « de prendre », non pas dans le désir insolent de vouloir l’arrêter, mais de le vivre pleinement…. Avec le temps donc, ces indiens qui nous paraissaient si différents, sont devenus des hommes comme vous et moi, et avec encore plus de temps, nous avons pu les rencontrer, que dis-je, nous rencontrer, partager nos vies. Grâce à ce voyage, la routine de l’autre se partage, les étrangers que nous sommes peu à peu se transforment en une rencontre, devient un repas préparé ensemble, une cérémonie ancestrale partagée (chicha*), un panier tissé à 4 mains, une mola** cousue l’un à coté de l’autre, une sortie en mer entre amis, une pêche miraculeuse…

Olivier:

village5Le Kuna Yala, aussi appelé San Blas par les panaméens, sont un groupe d’iles proches de la cote atlantique du Panama, mais aussi une grande région côtière du pays, voisine du Darien. Les indigènes Kunas qui les occupent, sont organisés en communautés de villages eux même organisés en sorte de coopératives. Ils vivent principalement de pêche, des plantations à terre et du commerce de la noix de coco. Ils ont leur propre langue, mais beaucoup d’entre eux parlent aussi l’espagnol. Les iles les plus proches de la Colombie, que nous avons tant aimé parcourir, sont les plus conservatrices, les plus traditionnelles, encore préservées du tourisme, de la société de consommation à outrance. Les iles villages ont des Sahilas (chefs de village et chefs spirituels) qui savent encore accompagner leur peuple dans la tradition. Leurs valeurs sont celles de Mère Nature, les hommes en sont leurs « serviteurs » et ont pour mission de la protéger.

poissonnier

on ne fait pas les courses, les pecheurs viennent a nous

Les relations avec les Kunas peuvent parfois paraître difficiles, certains les trouvent mercantiles, conservateurs ou fermés. Je crois qu’ils sont surtout timides et réservés. Nos rencontres avec les Kunas furent très différentes d’une ile à l’autre, et nous nous sommes souvent interrogés sur notre impact sur leurs communautés et leurs traditions. Certaines iles villages ont des lois très strictes : alcool, tabac et télévision interdits, alors que d’autres sont plus libres. Certains villages que nous avons visité ne voient que 4 ou 5 voiliers par an, mais ce n’est pas pour autant que les habitants se ruent sur nous à l’arrivée. En général nous avons l’impression de passer inaperçus, nous pouvons airer dans les villages librement et naturellement, partager le quotidien d’un peuple qui nous accueille comme des hommes et femmes égaux. Puis avec le temps, la timidité s’estompe, les langues se délient et la complicité s’installe. On a envie d’échanger, échanger des pensées (fonctionnement de la politique Kuna, de leur philosophie), des recettes de cuisine, des idées d’artisanat et parfois quelques cadeaux. J’ai échangé un cordage contre une machette, Stéphanie troque des molas contre des vêtements d’enfants, un paquet de farine vaut largement son poids en citrons frais.

epicerie2

lancha de légumes frais

A Puerto Perme, près de la frontière colombienne, nous avons sympathisé avec une famille du village. Le papa, Andres, parlait bien espagnol car il avait travaillé quelques femmes cuisineannées à Panama City. Il nous a expliqué comment fonctionnait sa communauté, je suis allé péché avec lui et nous avons partagé le repas dans sa hutte familiale. Stéphanie a appris à tisser les paniers, cuisiner le Doulemassi (soupe traditionnelle Kuna) ou à faire les Winis, bracelets kunas que les femmes portent aux bras et aux jambes, les gardant ainsi aussi fines que possible (à chacun ses canons de beauté) et dont les motifs ancestraux transmettent aussi la culture de la Terre Mère. C’est là aussi qu’elle a commencé à apprendre la langue Kuna.

noe pirogue6Et les enfants ? Comme d’habitude, ils ont disparus avec leurs nouveaux copains admirer toucan, perruches et autres « mascotas » (comprendre : animaux de compagnie), partager une partie de foot ou naviguer en pirogue a voile. Au cours de ces deux années dans le Kuna Yala, ils ont appris l’espagnol et un peu le kuna et se sont ainsi fait des copains dans chaque ile (à défaut de copines dans chaque port).

 

enfants2enfantscamille peche

Stéphanie

¡Un indio sin tierra, es un indio muerto!Mais…. aaahhh, à croire qu’il y aura toujours un MAIS… ? Cette riche culture que les Kunas nous ont fait si généreusement partager, sans l’avoir non plus totalement percée, devient peau de chagrin sous l’influence du tourisme qui s’empare des valeurs ancestrales de ce peuple. Les Kunas ont pourtant résisté vaillamment aux affres de la colonisation, jusqu’à faire une révolution sanglante il y à 90ans pour acquérir leur autonomie et indépendance, car comme ils disent : « un indien sans terre est un indien mort ».

femmes mains mola

les winis affinent les bras et soulignent les couleurs de la mola (chemisier)

Mais aujourd’hui ils sont sans défense contre l’invasion du dollar. Heureusement ce tableau n’est pas uniformément peint de la même couleur sur tout l’archipel. Le sud-Est reste peu fréquenté par manque d’accessibilité et les touristes y sont rares. Ces villages peuvent ainsi préserver leur mode de vie simple et proche de la nature. Pour combien de temps? Cela dépendra du niveau de discernement des sahilas du peuple Kuna et du degré de respect des futurs visiteurs.

Espérons que dans les années à venir, il ne reste pas seulement de cette culture, des Molas, des Nuchus (figurines en bois incarnant l’âme des Kunas) et des Winis exposées dans les vitrines de boutiques à souvenirs.

village steph kuna2Le KunaYala fut pour moi une école de la vie, où mes leçons me furent données « par des précepteurs inconscients de leur charge à une élève inconstante, toujours sur le départ, mais venue de très loin pour recevoir l’enseignement » (S.Tesson).

Parmi tant d’autres… je me souviens de :

Lisa (de l’ile de Rio Sidra) ou Prado (de l’ile de Soledad Miria) créateurs de Molas, artistes à mes yeux, qui m’ont généreusement fait partager leur connaissances des Molas, des contes qu’elles illustrent, des symboles et traditions qu’elles transmettent souvent rêvées par son créateur.

lisa2prado

Bredio (dans les iles Robeson). Un homme magnifique de part sa sage philosophie de la vie. Orphelin à 6ans, il fut adopté par une famille Kuna qui l’emmena vivre sur la grande ile de Carti. Quand il fut en age d’aller à la grande école, ils bredio3partirent alors s’installer à Panama City. Là il pu apprendre un métier et l’espagnol. Autour de ses 24 ans, alors que Bredio avait une très bonne situation à Panama city, alors qu’il « gagnait très bien sa vie » comme on dit, un vide subsistait, une aigreur lui faisait perdre la saveur des « bonnes choses » que la ville, le développement avaient à lui offrir. Il partit alors à la recherche de sa famille sur son ile natale et comprit alors que là était sa vraie vie. Loin du « confort » de la vie moderne il trouva l’apaisement de la vie traditionnelle. « Ici plus besoin de courir pour posséder toujours plus. Ici tu manges ce que la Terre Mère peut t’offrir si tu veux bien te donner la peine de la cultiver ou de pécher. Ici tu partages ta vie avec les tiens et vis le moment présent avant que demain il ne devienne déjà le passé. » (Bredio).

bredio2bredio

 

theo

Téo dans son musée

Téo (de l’ile de Nalunega) qui avait transformé sa case en un musé d’hier et d’aujourd’hui. À travers ses sculptures, récits et peintures, il raconte aux enfants du Kuna Yala (et aux quelques touristes curieux) la version Kuna de l’histoire de l’humanité et fait vivre la mémoire des Kunas (histoire, médecine, traditions). Musé d’aujourd’hui aussi, car pour sensibiliser son peuple à la menace que représente la consommation à outrance au détriment d’une Terre que l’homme a pour mission de protéger, Téo a construit sa case en bouteilles de plastiques, tongues et autres déchets ramassés devant sa case au bord de l’eau, comme vomis par la mer, trop plein d’un autre monde, dit «civilisé ».

 

 

Je pense aussi à Achu, artiste peintre KunaP1020490 (et poète à mes yeux), son cœur que dis-je, son âme partagée entre sa vie de famille au Canada et ses racines au Kuna Yala où il revient 5 mois pas an. Un pied dans l’occident capitaliste matérialiste et l’autre dans la philosophie naturaliste Kuna le tout donnant naissance à des peintures où la culture Kuna et notre Terre Mère se débattent dans les tourments de cœurs humains à la dérive.

achuachu enfantsachu2

Je pense aux parents de Achu que je connais à peine, mais je les voie encore assis l’un à coté de l’autre devant leur maison à Ustupu, vieux, tendres, lucides et à la fois paisibles, connectés au monde, à l’univers.

Les Kunas : leur culture encore fortement ancrée les rend fiers de leur peuple, de leurs traditions et nous saluons cette sagesse. Ils n’ont nullement besoin de nous pour bien vivre et ce fut une chance pour nous de naviguer entre ces iles et de rencontrer ces indiens qui devinrent nos voisins d’un temps.

femme ile2femme 3

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet incroyable peuple, nous vous recommandons vivement la lecture des articles et livre de Michel Lecumbery:
http://www.sagapanama.fr
http://www.sagapanama.fr/article-les-iles-san-blas-traditions-et-molas-kunas-le-livre
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kuna tribu

chicha17

grande case de la Chicha

 

* la chicha est une cérémonie traditionnelle kuna de plusieurs jours célébrant une étape de la vie d’une fille (première coupe de cheveux, menstruations,mariage). La famille et tout le village se réunit et boit la « chicha fuerte », une boisson à base de jus de canne fermenté.

chicha2chicha6chicha5

PlanetOcean sur Bordeaux.tv

Retrouvez-nous sur Bordeaux.tv pour avoir un petit avant-gout de notre looonnngue escale au KunaYala. Bientôt d’autres articles suivront pour partager avec vous l’incroyable univers des indiens Kunas!!!

« Planet Ocean Adventure est le voyage extraordinaire de cette famille partie de Bordeaux et naviguant sur les mers et océans au gré des rencontres depuis novembre 2011. Un voyage ayant aussi un but culturel, humanitaire et environnemental grâce à leur association Planet Ocean Friendship. »
http://www.bordeaux.tv/escale-panama-planet-ocean-adventure/

Stéphanie

 

Bateau Art-I-Stick expose à Bordeaux!

Venez nombreux à la première exposition de Bateau Art-I-Stick!

Du 13 au 19 Juin, à la Salle St Augustin de la Mairie annexe de Bordeaux (France).

Vernissage le vendredi 13 à partir de 19h30 en présence de Monsieur Alain Juppé, Maire de Bordeaux.

Flyer expo planete ocean2

Cette exposition sera accompagnée d’une exposition et d’une vente d’artisanats des Indiens de Panama au profit de notre association PlanetOcean FriendShip.

MERCI !!!
Un grand merci aux artistes qui nous font confiance et disent « Oui! ». J’en profite pour faire un appel à tous les autres artistes qui n’ont pas encore dit oui….

Un grand merci au soutien de notre ville de Bordeaux, de notre maison de quartier de St Augustin  « La Maison des 5Sens » et les « JSA » , des écoles de notre quartier qui nous suivent depuis notre départ et nous permettent de partager notre aventure et à Anne Deloule sans qui cette exposition n’aurait pas pu avoir lieu.

Un grand merci aussi aux partenaires qui nous soutiennent depuis notre départ, en particulier à:

logo_artistick

sans qui ce projet Bateau Art-I-Stick ne pouvait prendre vie!

 

download

Pixagram pour leurs superbes impressions.

 

giraud Philippe Giraud de la maison Roberd Giraud, et son magnifique vin.

Keen logo   qui nous fait avancer pas à pas dans cette aventure humanitaire.

logo-4bb2-e1310474649841
qui protège nos enfants dans leurs péripéties de plein air.

Les iles des San Blas au Panama

Pirogue Kuna aux couleurs de Panama

Beaucoup d’entre nous n’ont entendu parler du Panamá que grâce au canal, cette merveille technologique du siècle passé, preuve de l’ingéniosité et de l’acharnement de notre espèce. panama1Mais le pays est bien plus qu’un lieu de transit pour ces cargos et porte-conteneurs qui distribuent leur cargaison aux 4 coins du monde. Panamá est un jeune pays Latino-américain adoptant plus facilement le mode de vie américain que Latino, surtout à Panamá City. Mais c’est aussi le pays de plusieurs communautés d’indigènes (les Ngobé Buglé, Wounaan, Embera, Kuna…), présentes bien avant l’idée du fameux canal et qui ont dû
se battre pour conserver leurs cultures et leurs territoires.

Les provinces de Panama et les communautés indiennes.

L’histoire du Panama est très liée à celle de la Colombie et les frontières actuelles ne tiennent pas compte des racines des communautés d’indiens encore présentes, notamment dans le Darien. Nous avons eu la chance de rencontrer les indiens Emberá ainsi que les Kunas dans le Kuna Yala («San Blas» en espagnol).

Séjour en immersion chez les indiens Embara Quera

Immersion chez les indiens Embera

        Noé en Embera Quera camille son coeur chavire

Le Panamá, pris entre deux océans, entouré par le Costa Rica et la Colombie, n’est pas la destination touristique la plus prisée d’Amérique centrale. Le Costa Rica, par exemple, attire bien plus de touristes. Mais les trésors cachés du Panamá commencent à se dévoiler, et les circuits touristiques se développent.Nous avons été témoins de cet essor dans les San Blas (Kuna Yala), où les indiens kunas s’organisent pour accueillir plus de touristes chaque année.

panama_map

Du coté pratique, Les îles du Kuna Yala sont assez difficiles d’accès. Soit on y arrive en voilier depuis Portobelo (côte caraïbe près de Colon), c’est alors une navigation de 50 miles à la voile, environ 80 km (si les conditions sont bonnes, une nuit ou une journée). Soit on part de Panamá City (qui se trouve sur la côte pacifique) avec un taxi 4×4, qui après 3h de route nous dépose sur la côte caraïbe dans le territoire Kuna.

arrivée en lancha dans le KunaYalaDe nombreuses «lanchas» (barques) à moteur attendent là et peuvent nous déposer sur l’île de notre choix (5min à 1h de trajet). Certaines îles sont aussi pourvues d’aéroport, et en s’yprenant suffisamment à l’avance, on peut réserver un vol interne, de Panamá City à Corazon de Jesus, par exemple. Le petit bimoteur survole alors l’archipel des San Blas avant d’atterrir sur une piste à peine bétonnée, sensations garanties et paysages époustouflants!

aérodrome pres de Mamitupu

vue du ciel de Michel        Photo: www.sagapanama.fr.

 En général nous faisons un approvisionnement suffisant à Portobelo pour pouvoir rester 2 ou 3 mois dans le Kuna Yala. Les Kunas vivant dans les îles sont autonomes, se nourrissant principalement de poisson, riz-coco, bananes et ignames.

Poulets aux SanBlasNous ne trouvons sur place que l’alimentation de base et l’approvisionnement en frais est une organisation aléatoire. Nous dépendons pour les fruits et légumes des lanchas qui viennent de la terre, leurs jours de passages sont très irréguliers et la diversité des produits offerts dépend du nombre de mouillages desservis avant..

Quand le marché des SanBlas vient a vousEnfin des fruits frais!

 Certaines îles ont des petites «tiendas» (kiosques) où l’on trouve toujours du riz, du concentré de tomates, des allumettes, des machettes, et parfois même des pâtes.

Notre vie dans les San Blas ressemble à un campement du bout du monde avec les préoccupations de la vie en autarcie. La gestion de l’eau et des vivres est une activité quotidienne. En saison humide, la pluie récupérée nous donne suffisamment d’eau pour vivre à 4 (boisson, douche, vaisselle et lessive). En saison sèche, nous devons souvent aller refaire le plein d’eau sur certaines îles proches de la terre disposant d’une source. Cela prend la journée car le débit est souvent faible. Pour le poisson et les fruits de mer, je vais souvent à la pêche et les fonds sont riches de lambis, langoustes, crabes et poissons. Ici les poissons ne sont pas touchés par la ciguatera et tout est comestible, on se régale souvent de sashimis de pagre ou de bonite ! Nos journées sont alors rythmées par l’école des enfants et l’entretien du bateau le matin, la pêche, la baignade et les rencontres l’après-midi.
Le Kuna Yala est un territoire hors du commun. Ce décor d’îles «cartes postales» estmagnifique, les navigations entre chaque mouillage sont tranquilles et agréables. Les Kunas sont timides mais accueillants et nous avons de la chance de pouvoir découvrir ce coin du monde, si beau et si calme à la fois. Grâce à leur persévérance et à leur intégrité, les Kunas ont su préserver leur patrimoine et ils l’exploitent à présent de plus en plus avec le tourisme.

¡Un indio sin tierra, es un indio muerto!

« Un indien sans terre, est un indien mort! »

 Mais il faut garder à l’esprit que ces îles ont été façonnées par des générations, pour la survie des communautés. En effet, à leur arrivée, les îles étaient sauvages, la mangrove et la végétation empêchaient toute culture et il leur a fallu en défricher plusieurs pour y planter des cocotiers et ainsi changer le paysage. La récolte des noix de coco pour le commerce avec la Colombie est depuis longtemps une source de revenus importante pour les kunas, mais ce sont ces mêmes îles qui attirent maintenant les touristes.

Olivier

Novembre 2013, 2 ans déjà!!

DSC_032211 novembre 2013

Aujourd’hui nous entamons notre 3ieme année sur Planet Ocean. Facile à retenir, nous sommes partis le 11/11/2011.

 

A vous toutes et tous qui sans cesse nous répétez de ne pas rentrer (que chez vous c’est la crise, la récession, que les jours sont gris et froids), de continuer notre voyage même si nous vous manquons beaucoup.
A vous mes amis, ma famille qui nous soutenez sans limite. Sachez que cette folle aventure ne peut être vécue pleinement et sereinement que parce que vous accompagnez chacune de nos journées, de nos émotions, de nos expéditions au coeur de la nature, des hommes, de la vie. Depuis le début de cette aventure nous nous sentons portés par votre amour, entourés de chacun de vous et cela nous donne des ailes.
Alors à vous toutes et tous je vous promets de profiter pleinement de chaque instant, de la richesse de nos rencontres, de la beauté du monde, comme des moments de galères, de nos peurs, de nos doutes, du stress que ce style de vie comporte aussi.
Au vu du contexte actuel en Europe (et ailleurs, je vous rassure, y’ a pas que chez nous), nous avons décidé de continuer cette aventure extraordinaire. Combien de temps? Qui sait? Des mois, des années… Ne regardons pas trop loin, l’avenir c’est aussi maintenant, alors on en profite et on verra bien ou les vents nous emportent.
Le passage du canal de Panama est prévu pour 2014, avis aux amateurs. Puis les Galapagos et les Marquises, et les longues navigations dans le Pacifique!
A bientôt…

Stephanie et Olivier

Jamaique-Panama Juillet 2013

Jamaïque, mardi soir, 2 juillet 2013

P1010522

 A nous les 5 jours de navigation digne d’une vraie fête foraine: avec une mer, disons … très agitée, 30 noeuds de vent de travers prévu, houle forte (de travers)!   Ca faisait 10 jours que nous attendions une «bonne» fenêtre météo pour faire cette traversée réputée comme difficile et dangereuse, mais avec les ondes tropicales qui se succèdent c’est ce que nous avons trouvé de mieux. En quittant la Jamaïque dans la queue d’une dépression nous allons tenter de passer entre deux ondes et arriver au Panama avant la prochaine tempête.

A peine sortis de la baie de Port Antonio nous nous faisons chahuter dans tous les sens, des vagues de 4 à 5 mètres dans le pif, comme le vent. Nous en avons pour une dizaine d’heures comme ça, avant de pouvoir prendre une route plus à l’Ouest directe vers le Panama.
Je reçois alors un message sur le téléphone satellite concernant mon neveu: «Alexandre est reçu à ses examens!». C’est la goutte d’émotion forte qui fait déborder le vase, je pleurs, je ris d’excitation, je saute de joie. Oh Merci Alexandre pour ce beau cadeau, cet intense moment de grand bonheur, je suis SI fière de toi! Cette émotion c’est sûr m’accompagnera pendant ces 5 jours de traversée qui ne s’annoncent pas folichons.

 2ieme jour de navigation
J’ai des bleus et courbatures partout à force de me cogner à chaque grosse vague qui nous secoue comme un prunier. Heureusement la houle n’est pas aussi courte que nous le craignions, le vent est bon et nous permet de filer à toute berzingue vers le Panama. Si ça continue comme ça notre pari sera tenue et nous arriverons avant la prochaine tempête tropicale qui est déjà sur le sud de la Caraïbe.

Vidéo: traversée Panama – Wi-Fi

3ieme jour
Nous passons entre les mailles du filet. Nous échappons de justesse aux énormes orages qui nous encerclent, font grossir la mer et forcir le vent, mais nous épargnent à chaque fois. Dans ces moments je suis contente que nous ayons un bateau rapide et solide. Planet Ocean fend la mer à toute balle, tel un cheval pur-sang. Mais je l’avoue dans ces même moments, quand la fatigue me gagne, je me demande pourquoi nous n’avons pas choisi de faire notre tour du monde à bicyclette ou tout simplement à pied? Même si jamais je n’ai regretté d’être partie et n’échangerais pour rien au monde ma place pour un bon canapé douillet au coin du feu. Hmmm quoique.. là tout de suite, après la grosse vague que je viens de me prendre en pleine figure…. Je suis trempée, salée jusqu’aux os depuis 3 jours… je vais aller essayer de me faire un bon thé chaud (sans m’ébouillanter).

P1010409 P1010417Et les enfants me direz-vous? Ben pour eux la vie continue comme au mouillage. Ateliers le matin (ils ont même demandé à faire du tricot ou de la broderie!), bons repas, siestes bercé par les vagues pour Camille et lectures pour Noé, puis parties de lego, UNO, jeux de société les après-midi ou parties de pêche miraculeuses entrecoupées d’histoires lues par les parents ou par Noé. Ils trouvent très vite leur rythme, bien que Noé se plaigne de temps en temps des vagues qui le bousculent un peu trop quand il veut faire ses coloriages ou collages. Le soir nous admirons ensemble le puissant spectacle de la mer et des orages avant d’aller se coucher ou de prendre son quart de nuit.

 4ieme jour: Au petit matin le Panama est en vue!!!
P1010520Nous approchons de l’ile de Porvenir dans le Kuna Yala (San Blas). Nous y sommes presque, mais le ciel est menaçant, un énorme orage se prépare au loin. Je ne sais pas si nous allons y échapper cette fois….

 A peine avais-je le temps d’écrire cette dernière phrase qu’il nous est tombé dessus! Soudain un vent violent se lève, une pluie cinglante s’abat sur nous! C’est la nuit en plein jour, on n’y voit plus rien sauf quand les éclairs frappent et électrisent la mer déchaînée. Nous ne sommes qu’ à 3 miles des côtes, nous devons redoubler de prudence car les récifs sont nombreux par ici. Du coup nous décidons de faire demi tour le temps de l’orage. Si près du but nous voilà déjà sur le chemin du retour!!!

Après-midi: Ouf enfin arrivés! Une bonne sieste, un bon repas et la fatigue est presque oubliée.

Tout compte fait nous avons eu beau temps pendant cette traversée!!!   😉

Le dépaysement est immense, nous nous sentons vraiment au bout du monde ou en plein reportage de National Geographic.Très vite nous faisons connaissance avec les premiers indiens Kuna. Je sens qu’on est pas prêt de repartir de si tôt.

C’est splendide!

P1430183 - copie DSC_0105 DSC_0091 DSC_0035

Stéphanie

Cuba ça fait réfléchir…

julioLorsque j’ai rencontré Julio l’année dernière à Cuba, après seulement quelques heures, je l’avais quitté en regrettant de ne pas pouvoir passer plus de temps avec lui. Comme lisant dans mes pensées, en claquant la porte du taxi qui me ramenait à Santiago il m’avait alors dit «ne t’inquiète pas, nous nous reverrons». Je ne le savais pas encore, mais il avait raison. Quand je l’ai enfin retrouvé à son travail à la Casa del Caribe ce vendredi 24 mai, j’ai été comme prise dans une tornade d’amour, d’énergie positive et d’une richesse intellectuelle enivrante.

Il est brillant Julio, vif, aimant, curieux, passionné et passionnant. Il m’a fait rencontrer ses collègues qui avaient du mal à le croire lorsqu’il relatait nos récits de voyage. Alors, preuve vivante de ses récits, je leur racontais à mon tour notre mode de vie et de voyage.P1010111

Puis nous avons planifié les événements des jours à venir à son village de El Cobre. Rencontres avec les peintres, séances de cinéma (aux enfants du village, ceux de l’hôpital des enfants touchés par le SIDA et le centre des orphelins de la région), diaporama pour expliquer notre voyage (montrer P1010198notre bateau, raconter la vie en mer), interviewer les peintres, rencontrer un grand musicien de Steel Band originaire de El Cobre, sans oublier bien sûr la visite de la Basilique de la Vierge de la Charité du cuivre (patronne de Cuba).

 

Nous y basiliqueavons allumé deux cierges. Un pour la dame de la maison verte de la marina (les voiliers qui sont passés a Santiago sauront de qui je parle) et un pour nous, pour que la vierge prenne soin de nos proches, de nous, protège notre voyage et nos vies. Je fus très émue en voyant les nombreuses offrandes des pèlerins: des mèches de cheveux, beaucoup de stéthoscopes, des dessins d’enfants, des prothèses de jambes, des plâtres, des médailles de guerre ou de champions sportifs cubains, des diplômes, des fruits, des broderies, des bijoux, le prix nobel de littérature de Hemingway! Etc. C’est bouleversant de voir tant de témoignages de guérison, d’affection et de gratitude.

P1010070Nous avons apporté à Julio (représentant aussi de l’association «Un Regard, Un Enfant») les derniers dons que nous avions collectés en Martinique (vêtements, chaussures, livres, jouets) car nous savons qu’il saura les redistribuer intelligemment et justement aux plus démunis. Il connaît chacune des familles de El Cobre, les prénoms de tous les enfants de l’hôpital et de l’orphelinat et les aime tous comme ses frères et soeurs (il le leur dit d’ailleurs). Il saura donner selon les besoins de chacun, s’assurera que rien ne soit revendu et tout ça sans que le «riche» étranger soit associé à ces dons. Car nous ne voulions pas non plus modifier les relations et contacts avec les habitants, encore basés sur la simple rencontre de l’autre, l’amour et le partage.

P1010079Je ne sais pas encore si je pourrai un jour vous faire partager ces précieux instants avec Julio, riches d’une grande humanité, ni comment je vais pouvoir retranscrire tout ce que ces nombreuses rencontres nous ont permis de comprendre sur Cuba.

Je ne peux pas prétendre connaître Cuba et les cubains après seulement quelques mois passés dans ce magnifique pays. Donc ce qui suit ne sont que des impressions, une analyse très personnelle faite de nos rencontres, de ce que je suis, de ma sensibilité et de ma modeste connaissance du monde qui d’ailleurs, plus je découvre Cuba, plus je voyage, plus elle me semble réduire telle une peau de chagrin. Sans doute ma vision sera loin d’être complète car je n’ai pas pu voir toutes les facettes de ce monde complexe qu’est Cuba.

Comparé aux autres îles de la Caraïbe, à Cuba nous sommes loin des éternelles discussions sur l’esclavagisme et la mixité ethnique. Les cicatrices de la colonisation semblent bien lointaines, sans doute dû aux luttes violentes et sanglantes menées par UN peuple pour son indépendance à la fin du XIX (avec ses célèbres figures comme Antonio Maceo ou Jose Marti).

A Cuba, contrairement aux autres îles de la Caraïbe, la population bénéficie de services à la population parfois totalement gratuits (médecine, éducation), voire très peu chers: transports (certes en piteux états), électricité, loyers, spectacles (très riches et avec tous les derniers films internationaux à l’affiche, même américains! Lorsque nous étions à la Havane « Magic Mike » était à l’affiche). Un système de santé d’ailleurs très réputé (et respectueux du puissant pouvoir des plantes), a tel point qu’a Saint Martin et en Guadeloupe des médecins et dentistes nous ont même conseillés de nous faire soigner à Cuba! En rajoutant que très nombreux sont les médecins de l’arc antillais et d’Amérique du sud qui ont été formés par les médecins cubains.

Ce qui nous a également marqué c’est le niveau d’éducation des gens, un éveil culturel riche (malgré la dictature) qui nous a permis de réels échanges intellectuels, de riches discussions avec les cubains que nous avons rencontrés (jeunes, vieux, chauffeurs de bicitaxi, paysans, pécheurs, professeurs, ingénieurs etc.). L’éducation fut une des priorités de cette dictature et de la révolution, facilitant ainsi l’émergence d’un peuple éduqué qui permettra peut-être aux cubains de faire des choix d’avenir plus judicieux que les nôtres? (laissez moi rêver un peu!). Les cubains que nous avons rencontrés sont persuadés que le successeur de Raul Castro devra cette fois être élus démocratiquement par le peuple et qu’il sera de Cuba même. Car si les jeunes adorent le baseball, mange des «hamburguesas» et boivent du «cola», ils ne rêvent pas pour autant d’Amérique. Le peuple cubain sait bien que l’embargo américain n’est pas à l’origine de tous leurs malheurs et de certaines absurdités du système actuel, mais il sait aussi que les Etats-Unis ne seront pas non plus leurs sauveurs (comme ils ont prétendu l’être en 1898 selon le «Platt Amendment» en se réservant le droit d’intervenir à volonté à Cuba pour «préserver l’indépendance de l’île»).
D’après les gens avec lesquels nous avons parlés, Julio, les peintres, les chauffeurs de taxi (anciens ingénieurs, directeurs d’hôpitaux, électroniciens), des professeurs etc. Les Cubains sauront construire leur avenir seuls, comme des grands. Mais je ne peux m’empêcher de me demander si le lobby cubain des radicaux d’extrême droite de Floride, un des plus puissant des Etats Unis, saura éteindre sa colère contre « les Castro », contre la révolution, pour laisser les cubains libres de continuer d’écrire leur histoire.

Je parle souvent de la dictature et de la révolution, ne pouvant les dissocier. En effet, à mon sens, ce qui fragilise aujourd’hui la dictature castriste, c’est justement l’effritement de ce sentiment révolutionnaire d’un peuple soudé et uni. Car le plus grand changement qui s’opère jour après jour à Cuba depuis l’apparition de la monnaie des «touristes», le CUC, c’est le morcèlement du peuple cubain. Car même si le CUC est taxé afin de redistribuer la richesse au peuple, il y a bien deux Cuba aujourd’hui, celui des Pesos Nacional et celui du CUC. Et ces nouveaux consommateurs cubains qui commencent à s’enrichir (entre autre) grâce aux travers du système de double monnaie font naître une forme d’esprit de consommation, au sein d’un pays encore «socialista» (communiste). Le peuple cubain semble se diviser aussi car la faim (dans les années 90), le manque de liberté individuelle, de confort matériel, d’argent pour ceux qui n’accèdent pas aux CUC, font naître des souffrances du corps, de l’âme qui lentement éteignent les flammes du coeur. A l’amour du peuple, de son prochain, de la solidarité succède un individualisme, un désir de consommation et une insécurité naissants, nouvelles façons pour les cubains de perdre leurs libertés aussi.

Aujourd’hui, le peuple cubain commence à exprimer tout haut le raz le bol qui se chuchotait dans les chambrées (sur Santiago et Cienfuegos du moins). La jeunesse, qui n’a pas connu la révolution, aspire à d’autres horizons. Un changement est déjà en route. Il semble que les cubains soient convaincus que l’avenir n’est pas dans le «socialismo» sauf que, en voyant la crise économique que subissent nos pays capitalistes (en Europe, aux Etats Unis…), les dégâts écologiques que la consommation à outrance engendre, les cubains se disent que le capitalisme n’est pas non plus la solution. Alors ils cherchent une nouvelle voie qui lui donnera une plus grande liberté politique tout en préservant les apports sociaux de la révolution. Ils espèrent trouver des choix de développement différents, observent les initiatives du Brésil, et pour la plupart, pensent que l’avenir devra être pensé autour de l’écologie et du respect de la planète. Mais ces idées résisteront-elles aux plaisirs addictifs de la consommation à outrance de chinoiseries en tous genre sous des emballages aux parfums de bien être, de sécurité, de développement, de bonheur et d’amour?

Etant donné la propagande massive, tant pour que contre, qu’à généré la révolution cubaine, il serait impossible de venir dans cette île sans quelques idées préconçues. Je défie quiconque, arrivant dans un esprit ouvert, de garder ses idées intactes. Etre à Cuba est en soi une expérience riche et instructive. Et contrairement à la croyance populaire, il est facile de voyager partout à Cuba en utilisant les transports locaux (plus long mais plus authentique) ou les cars touristiques qui sillonnent toute l’île.

En bref, naviguer à Cuba, fut bien autre chose qu’une croisière dans la plus grande île des Caraïbes. Loin des sentiers battus, cette escale nous a permis de découvrir la nature dans sa virginité, de vivre l’abondance de la mer, de voir de nos propres yeux une des grandes expériences sociales de ce siècle et surtout de rencontrer les cubains. Car les cubains sont extraordinaires, spontanés, ingénieux, courageux, curieux, amicaux et généreux!  Il faut aller à Cuba, rien que pour les rencontrer!

P1010202 (2)     P1010273 (2)      famille de Julio
Stéphanie

Pour voir plus de photos: http://flickr.com/gp/3metz/7hp3S8/
(désolée pour les accents manquants, je ne maitrise pas encore toutes les astuces de mon clavier)

Enfin de retour à CUBA!

 

Cuba

arrivée à Santiago

Nous sommes heureux d’être revenus à Cuba cette année, les rencontres et les découvertes que nous avons faites cette fois-ci nous ont permis de connaître un peu mieux le pays, les cubains et leur histoire.

Arrivés en Mai à Santiago de Cuba, ce qui nous a surpris en premier fut la liberté avec laquelle les gens nous parlaient de leur pays, leurs difficultés ou leurs rêves. Alors que l’an passé certaines langues se déliaient seulement à l’écart des oreilles indiscrètes, sur un banc devant la mer, mais avec un coup d’oeil derrière l’épaule pour vérifier que personne n’écoute; cette année le coup d’oeil n’y était plus et les opinions politiques ou économiques étaient dévoilées plus facilement.

Nous avons attribué ce «relâchement» au passage du cyclone Sandy en Octobre 2012, dont les effets ont étés dévastateurs sur Santiago. Les habitants ont beaucoup perdu puis reproché au reste du pays de ne pas les avoir assez aidé à reconstruire. Du coup l’ambiance de la ville a changée. Plus d’insécurité, une centaine d’agressions ont été relevées ces 8 derniers mois sur la région de Santiago. Pour un pays qui ne connait pas l’insécurité, même le soir dans les rues animées (ou non) des villes, ça fait un choc. Les touristes sont aussi pris d’assaut dans le centre ville par toutes sorte de gens (guides improvisés, vendeurs de journaux, mendiants, musiciens) car beaucoup donnent facilement. La tranquillité de la marina n’est plus, même si ça ne craint toujours pas du tout pour les plaisanciers. Mais on peut vous proposer parfois de l’herbe, de la coco, du carburant de contrebande ou même des diamants! Cuba ne nous avait pas habitué à ça l’année dernière. On pourrait presque oublier parfois que Cuba est encore sous une dictature. Pourtant nous avons encore eu des témoignages d’arrestations faciles et des expulsions du pays (pour les touristes) rien que pour avoir été vue en compagnie de «dissidents» politiques. La dénonciation est encore beaucoup utilisée, la loi est dure et les oreilles trainent partout. Alors gare aux plaisanciers qui seraient tentés par quelques diamants….  😉

Le lendemain de notre arrivée, notre ami Julio, représentant de la Casa del Caribe, nous attendait pour nous emmener dans son village de El Cobre, à 20km de Santiago, pour rencontrer les artistes peintres qui avaient réalisé des œuvres spécialement pour notre asso et notre action «Bateau Artistick». La rencontre avec les peintres fut très émouvante et touchante d’humanité et de spiritualité

basilique de el cobre  ds les rues del Cobre   famille de Julio
(Julio est le monsieur à la casquette rouge sur la photo de sa famille)

Dans cet adorable village, célèbre pour sa Basilique et la Virgen de la Caridad del Cobre, patronne de Cuba, nous avons aussi eu l’occasion de faire quelques projections de films que les petits comme les grands ont beaucoup appréciées. Une semaine plus tard il a fallu repartir pour Cienfuegos et les au revoir avec El Cobre, la famille et les amis de Julio furent aussi difficiles qu’émouvants.

les jardins  sauvage

Sur la route vers l’Ouest nous nous sommes arrêtés dire bonjour à la famille de Yaniel (que nous avions rencontrés l’année dernière) à Marea del Portillo, puis nous avons fait un stop dans les Jardin de la Reine histoire de nous gaver de langoustes. 

           Les langoustes et olivier, une histoire d'amour?

 

 

 

bienvenidos socialista

 

Au contraire de Santiago, Cienfuegos n’a pas beaucoup changé depuis l’année dernière. Toujours une belle petite ville très tranquille, genre station balnéaire des années 50.

 

On se croirait parfois plongé dans un film de Tati. Un étrange mélange entre Jour de Fête et Trafic. Puis nous avons laissé Planet Ocean pour une semaine afin de «monter à la capitale», visiter la Havane et Viñales (province de l’Ouest, du tabac, des fruits et du vin).

Nos moussaillons ne peuvent pas s'empecher de pechermaleconGrandes émotions sur le malecon

La Havane a su nous surprendre par son étonnante tranquillité pour une si grande ville. Les «casa particular» du centre ville sont très accueillantes et chaleureuses. Dans la nôtre (chez David et Lydia) dans le quartier de Centro Habana, on a pu y rencontré toute la famille sur plusieurs générations. Les enfants ont adoré les crocodiles et les tortues («jigoteas») dans le patio! Casa Particular
Pris en sandwich entre la vieille ville («Habana Vieja», le coin touristique), le «barrio Chino» (quartier chinois) et le Vedado (quartier résidentiel de la classe moyenne), ce quartier du Centro Habana est aujourd’hui surpeuplé et les familles s’entassent dans les immeubles délabrés. Mais l’ambiance y reste extrêmement chaleureuse, solidaire et accueillante. Et puis, il y a des gens comme la famille de David qui ont retroussé leurs manches pour restaurer plusieurs immeubles qu’ils transforment alors en superbes pensions familiales. Voilà un effet positif du tourisme!

Quand au vieux centre ville, sorte de vitrine touristique qui sous l’impulsion de l’Unesco depuis le début des années 90 bénéficie elle d’un vaste projet de restauration (loin de se conclure), on a l’impression de faire un bond en arrière de plusieurs décennies et de se retrouver à l’époque coloniale espagnole avec des façades splendides aux balcons élancés. Bien sûr, les vielles voitures américaines y jouent leurs rôles, ainsi que les calèches et les bicitaxis.

DSC_0136DSC_0128DSC_0157

Après avoir crapahuté dans les rues (tranquilles) de la Havane, nous sommes descendus dans la splendide vallée de Viñales.

  a cheval dans la vallée de Viñãles On y a fait une belle balade à cheval à travers un paysage grandiose et paisible. Juchés sur nos petits chevaux qui semblent avancer en pilotage automatique, nous nous promenons entre ces impressionnantes parois rocheuses en forme de pain de sucre: les mogotes, dans les plantations d’orangers et de tabac.

Viñales et ses MogotesLors d’un stop dans une de ces plantations, on nous a montré l’art de fabriquer LE cigare cubain. La culture et la récolte de ce célèbre tabac sont assez proches de celles du vin: importance du terroir, l’orientation et la qualité de la terre, le moment opportun de la récolte (par étage), puis le séchage et les fermentations très contrôlées. Enfin la fabrication du cigare est un assemblage de plusieurs feuilles dont les qualités répondent aux fonctions: les feuilles qui brulent bien, celles qui donnent le goût fort, celles qui adoucissent, celles qui tiennent le cigare…purro puis la dernière qui maintient le tout et donnent la forme et la couleur. Sans oublier les quelques gouttes de miel. Je ne suis pas devenu un amateur pour autant, au bout de la moitié je suis écoeuré… Mais je sais reconnaître les mauvais cigares maintenant!

Quant au village de Viñales, ses ruelles sont colorées grâce à ses alignements de jolies maisons basses peintes de couleurs vives. Un peu trop touristique à notre goût la journée mais lorsque les cars de touristes repartent le soir, la ville retrouve sa tranquillité et surtout son authenticité.

Puis vient le temps du retour vers Cienfuegos, non sans s’arrêter en route à Las Terrazas dans la Sierra del Rosario pour se baigner dans le rio San Juan. rioLà au coeur d’un très beau paysage à la végétation luxuriante le long de la rivière on découvre de belles piscines naturelles creusées par les rapides et dans lesquelles nous avons pu nous rafraîchir avec délice. Comme c’était le week-end, en fin de matinée plusieurs familles cubaines arrivèrent pour pique-niquer, ambiance garantie!

 

Enfin de retour sur l’eau, au grand bonheur de Camille qui se languissait de son DSC_0064bateau, nous repartons vers les Jardins de la Reine manger «une» dernière langouste en compagnie des pêcheurs. L’un d’eux fêtait son anniversaire le même jour que Stéphanie, nous en avons profiter pour fêter ça ensemble!

 

P1010298merci à 4BB2 pour ses combinaisons antiUVl'orage se lève dans les jardins

C’est un plaisir de pouvoir discuter avec les cubains, pour peu de parler un peu espagnol, j’ai du m’y mettre… mais quand ça se complique c’est Steph qui cause plus loin les sujets riches et très variés. A Cuba, les conversations et les échanges avec les chauffeurs de taxi, de bicitaxi, les rencontres au hasard des coins de rues, les vieux, les jeunes, les marchands de légumes sont un vrai régal. Tous ont un excellent niveau d’éducation et de brillantes façons de penser le monde! Espérons que cela leur permettent de faire des choix d’avenir plus judicieux que les nôtres?

Pour voir plus de photos: http://flickr.com/gp/3metz/7hp3S8/

camille revolutionaireOlivier et Stéphanie

 

L’hiver sous les tropiques (et le printemps) 2013

 L’hiver sous les tropiques… c’est pas toujours comme on l’imagine!

DSC_0012

Bon pour essayer de rattraper ce retard phénoménal, je vais un peu tricher et partager avec vous les photos de ces derniers mois (voir les liens ci-dessous). De plus amples articles suivront plus tard, c’est promis.

Pour ceux qui n’ont pas suivis les événements, nous avons passé l’hiver entre Les Grenadines et la Guadeloupe partageant notre aventure avec les amis et la famille. Jusque là, ça sonne bien. La chaleur, les rivages dorés, les petites îles romantiques et leur végétation verdoyante…  On sent déjà la paille flotter dans le verre de pina colada!

On y est presque.

Pour voir des photos cliquez sur ces liens:

http://flickr.com/gp/3metz/Tf4wd7/

http://flickr.com/gp/3metz/73Kb35/
http://flickr.com/gp/3metz/S24Ve3/

En mars nous avons fait un séjour prolongé à terre en Martinique pour effectuer des travaux importants sur PlanetOcean. Travaux que nous avions sans cesse repoussés depuis que nous avions acheté Planet mais si nous voulions faire la trans-pacifque, nous n’avions plus le choix. il fallait casser la tirelire.
Cette longue escale a permis aux enfants de retourner un peu sur les bancs de l’école. Au plus grand bonheur de Noé, et « malheur » de Camille… Nous avions loué une petite maison à l’ouest de la Martinique près du François et pouvions ainsi tous les matins admirer les paysages époustouflants de cette côte océane plus sauvage et à la fois bien protégée. Pendant ce temps, Olivier était resté sur le bateau, dans la zone de carénage avec, pour lui tenir compagnie les moustiques, cafards et rats sans compté les 35 degrés dans les cabines le soir à défaut de brise marine.
Olivier:
« Notre escale martiniquaise fût très technique et j’y ai rencontré plus de moustiques que de grains de sable. Nous avons sorti Planet Ocean de l’eau pour une remise en forme obligatoire : la coque tribord était percée à un endroit très vicieux et il a fallut faire quelques trous avant d’être certains de devoir intervenir. Je m’explique pour les plus curieux : le tube de jaumière (1) était percé sous la ligne de flotaison (2) et la fuite remplissait un crashbox (3) en arrière des moteurs. Rien de très grave car le volume d’eau embarqué ne pouvait pas augmenter grâce à une judicieuse cloison (cette fuite devait déjà être présente depuis quelques mois). Mais une réparation s’imposait et cela tombait bien, nous disposions d’un chantier compétent et avions un carénage (4) à faire.

Planetocean s’est donc retrouvé le cul hors de l’eau pendant presque un mois, et j’ai subi par la même occasion la poussière, les vapeurs de résine du chantier et les attaques incessantes des moustiques (bien organisés en 3/8 comme on dit). Heureusement que Stéphanie et les enfants ont pu loger à terre et éviter cet enfer.

Le bateau a bénéficié d’une bonne remise en forme, entre autres : révision du guindeau (5), des moteurs, du système de barre et transmission, rectification d’une dérive, nouveau circuit d’eau chaude (mmmh), nouveau foc et révision du matos de sécurité.

Bref, nous voilà repartis dans nos aventures avec un bateau plus sûr, un équipage rodé qui connait bien son bateau et par la même occasion un capitaine serein!

  1. tube de jaumière: tube qui traverse la coque à l’arrière du bateau et maintient l’axe du safran (le truc qui fait tourner le bateau). Lequel tube, de l’âge du bateau, était en aluminium et complètement bouffé par la corrosion et l’électrolyse. Changé à neuf, nous voilà repartis pour 20 ans.
  2. ligne de flotaison: ligne théorique de bonne santé du bateau. Si elle disparaît sous l’eau, il faut changer de bateau.
  3. crashbox: boite de collision en français. C’est une réserve de flottabilité compartimentée, à l’avant et à l’arrière de bateau. Si elle est enfoncée, le bateau doit pouvoir flotter encore.
  4. Le carénage est le nettoyage de la coque immergée et le changement de la peinture « anti-fouling » (qui retarde la prolifération des algues et cracoyes).
  5. guindeau: moteur électrique pour les fainéants qui ne veulent pas relever l’ancre et la chaine à la main »

Voir des des photos: http://flickr.com/gp/3metz/5ZMgG8/

Je rajouterai dès que possible des photos du chantier. c’est à voir!!

DSCN0910Le jour de l’anniversaire de Noé, le bateau était enfin remis à l’eau et une semaine plus tard nous remettions les voiles (enfin!!!) vers la Guadeloupe, St Martin et La République Dominicaine (Luperon) où nous sommes actuellement.

 

 

Pour voir des photos cliquez ici: http://flickr.com/gp/3metz/SXxvyX/

antilles103Nous mettons les voiles demain pour Cuba! Puis nous partirons pour Les San Blas (Panama) pour y être début Août. Donc ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas de nouvelles d’ici là. L’accès à internet est plutôt du genre compliqué à Cuba.

A très bientôt!

L’équipage de Planetocean