République Dominicaine

4 avril, 2012
Contents de quitter enfin St Martin, nous levons l’encre pour La République Dominicaine. Non pas que St Martin soit un endroit désagréable mais ce fut une escale à notre goût trop technique (achat de matos, réparations moteur, réservoir d’eau, pêche au vieux vélo etc.).

Heureusement nous avons pu y retrouver un bateau copain « Rivière » , ce qui permit à Noé d’inviter des copains à bord pour fêter son anniversaire. Il ne le fêtera d’ailleurs que le 1er avril, car le jour de son anniversaire il était encore victime d’une mauvaise angine qui lui aura valu une visite chez le toubib: « Il faut me soigner vite docteur parce qu’aujourd’hui j’ai 5 ans! ». Ca lui a un peu mis la pression au toubib…

Pour rejoindre la Rep Dom, nous décidons de passer au large de Puerto Rico, sans nous arrêter. Non seulement parce qu’on ne peut pas s’arrêter partout, mais c’était aussi un choix de ne pas poser les pieds en territoire américain (surtout pour éviter de répondre aux questions du type : “êtes-vous un terroriste? Avez-vous de mauvaises intentions?….)
Nous arrivons donc en Rep Dom après 4 jours de navigation très tranquilles* (*traduction: le capitaine râle, c’est le calme plat, on se traîne à 2-3 noeuds pendant 3 jours, Il faut presque souffler dans le spi pour le garder gonflé mais on en profite pour prendre de bonnes douches sur le trampoline et préparer Pâques.
               

Avant même de débarquer en Rep Dom, la marina de Boca Chica nous allège de suite de plus de 200 $US pour visas, frais d’importation du bateau, douane et frais de services. Ouf… Ca va mieux!…

Nous laissons alors le bateau à la bouée pour une semaine et louons une voiture pour rejoindre nos amis les Jaloux à Las Terrenas, dans la péninsule de Samana. C’est la première fois que nous laissons le bateau si longtemps tout seul et je vous avoue que ça fait un peu drôle, comme pour un enfant le premier jour d’école, on espère qu’il n’aura pas besoin de nous pendant notre absence….
J’ai vérifié 2 fois la chaîne et le mouillage, mais c’est surtout la profondeur qui m’inquiétait : revenant à l’arrière du bateau pour remonter à l’échelle, je me rend compte que j’ai pied! Le safran est à 50 cm du fond! Raoul, chef de la marina, me rassure : c’est marrée basse et il n’y a jamais de vague, aucun risque. Je n’en ai parlé à Stéphanie qu’au retour, pour être sûr que ça ne l’empêche pas de dormir.

Las Terrenas et le séjour terrien

Quel pied d’avoir la mer à 100m et la piscine juste à côté de la maison.. Une maison!
On avait presque oublié comme ça pouvait être grand! Que les plafonds sont hauts! Mais le roulis nous manque pour s’endormir le soir.
Nous partons explorer les terres et les plages de Samana avec une barque de pêcheurs notamment dans les « Haïtises » avec ses grottes, peintures rupestres et paysages presque asiatiques…

… ou avec nos petites voitures de loc sur les chemins de travers sous une pluie battante pour aller se faire un BBQ avec les pêcheurs de Playa Rincon (top 10 des plus belles plages de l’île! Même sous la pluie).

Les pêcheurs nous préparent un vrai festin…

Au menu, poissons grillés, riz aux haricots rouges, chips de banane.

… pendant ce temps, malgré la pluie, les enfants profitent aussi de la plage et de la rivière (le luxe ultime pouvoir se baigner dans la mer et se rincer en eau douce..)

Au retour, La pluie est telle que le chemin que nous avions pris à l’aller se transforme en un torrent de boue au retour. Les 2 berlines que nous avions louées se laissent dépasser les 4×4 locaux, mais s’en tirent plutôt bien.

Las Terrenas est aussi un refuge de français expatriés ou installés depuis des dizaines d’années. Ici on investi hors taxes et il y a même une école française de 200 élèves. Le supermarché vend des fromages Président et des pâtisseries à la française.

De retour à Boca Chica avec Chloé, Eliott, Audrey et Vincent, nous retrouvons notre bateau intact et le préparons pour une virée de 5 jours ensemble à Isla Saona. Nous avons juste le temps de goûter aux joies de la marina pendant le WE : la moitié des bateaux aux pontons sont des speed-boats dont la sono n’a rien a envier aux moteurs et la plupart d’entre eux larguent les amarres pour faire 200 mètres et mouiller l’ancre devant l’île en face pour picoler avec la zic à fond.

En route pour l’île Saona, à environ 60 miles, nous faisons escale sur l’île Catalina pour la nuit. Cette île ressemble à un gros banc de sable, dont la végétation sauvage a été apprivoisée, sur des plages bordées de cocotiers et envahies de transats vides. Ce n’est que le lendemain matin lorsque nous voyons se pointer un gros paquebot que nous comprenons l’intérêt des rangées de transats et des cocotiers… C’est le débarquement des touristes qui passent leur journée à siroter leur Piña Colada devant ce décors splendide.

En arrivant à l’île Saona, nous retrouvons le même accueil, mais le soir la plage est vide et nous sommes très bien accueillis par les saisonniers (beaucoup d’haïtiens) qui nous offrent moulte noix de coco. La journée ce sont les speedboats et catamarans de charter qui déversent leur contenu de chaire à rôtir sur les plages de sable blanc ratissé. Nous sommes heureux d’avoir des horaires décalées et de pouvoir ainsi profiter de la plage déserte, seuls avant l’arrivée des touristes ou après leur départ, de manger de belles langoustes et profiter des eaux turquoises peinards.

Boca Chica fût notre base pour l’exploration d’une partie de l’île, mais aussi le lieux de rencontres très riches avec d’autres plaisanciers qui nous donnerons des tuyaux pour Haïti et Cuba. Nous faisons aussi la connaissance de Jean-Philippe Moiseau, un artiste peintre et sculpteur Haïtien qui a rejoint notre action: Bateau Art-i-stick, mais aussi Chantal Campos et Aurélie Tétue de l’association Solaidom où nous avons pu organiser une séance de cinéma.
De la République Dominicaine nous n’avons vu qu’une petite partie avec un échantillon du pire (la conduite sur les routes et leurs rond-points de la mort), comme du meilleur (la population locale et les paysages). J’ai préféré de loin la Playa de las Aguilas devant l’île Beata (déserte, sauvage et immense) aux plages exploitées et aménagées pour accueillir leurs lots de touristes all-inclusive.


Le bateau nous permet de découvrir des lieux inaccessibles par la terre et change notre point de vue. Nous aurions bien envie d’explorer le Nord de l’île en cabotage… Peut être lors d’un prochain passage?

Pour voir plus de photos cliquez sur ce lien: http://flic.kr/s/aHsjEj4BxD

Marie Galante, Les Saintes – Mars 2012

Jeudi 22 Mars, Marie Galante

Nous continuons notre remontée vers le Nord afin d’arriver à temps en République Dominicaine où nous devons retrouver des amis début avril. Pas trop de temps à perdre donc.Marie Galante, ce nom me faisait rêver. Nous avons fait une courte escale sur une plage déserte de cette perle des Caraïbes. Inoubliable !

Samedi 24 mars
Après un stop d’avitaillement à Point à Pitre en Guadeloupe, nous filons sur les Saintes.

Au large de la Guadeloupe Olivier aperçoit d’étranges petits nuages au ras de l’eau. Non, ce sont comme des petits geysers… Des dauphins ? Toutes voiles dehors on s’approche, puis plus rien. On scrute l’horizon… Pourtant on a bien vu quelque chose. Soudain une masse gigantesque, bleu turquoise surgit des profondeurs le long de la coque ! Des baleines !!! Deux mamans avec leurs baleineaux. Elles nous suivent, tournent autour du bateau. Les baleineaux semblent s’amuser et nous offre un spectacle de cabrioles. C’est fascinant, d’une beauté inégalable, nous sommes comme hypnotisés. Mais pas très rassurés non plus car les mères sont tout de même plus grandes que notre bateau et les baleineaux font bien les 2/3 de la coque. Soudain l’une d’elle s’écarte un peu, fait demi tour et se dirige droit sur nous, comme si elle venait se frotter à nous. Olivier fait sonner l’alarme de pré-chauffage du moteur. Ouf, au dernier moment elle tourne, évite de peu notre coque et vient nous éclabousser de son jet d’eau en prenant sa respiration avant de s’éloigner.

On en tremble encore et se souvenir me donne à chaque fois la chair de poule tellement il fut fort, magique et précieux. Quel magnifique cadeau de la nature !!

Aux Saintes nous choisissons l’îlet le plus sauvage, l’îlet Cabrit. Nous ne nous doutions pas que ce stop d’une nuit se transformerait en une rencontre inoubliable. Si vous passez un jour par là, surtout n’oubliez pas de vous arrêter à l’îlet Cabrit et d’aller voir Ulric, le potier. Il offre aux enfants (et aux parents qui osent) la plus belle initiation à la poterie qui puisse exister. Dans la forêt en bordure de mer, les enfants peuvent travailler la glaise prélevée dans le marigot qui passe près de l’atelier. Ulric sait mettre à l’aise les plus timides, transmet sa passion avec générosité et simplicité.

Cliquez ici pour voir la vidéo de « Noe potier »

Dans la nuit du 25 nous quittons avec regret le magique îlet Cabrit. Pas de doute, il faudra revenir.

Dominique la sauvage

Mars 2012
Quand je tentais d’imaginer la Caraïbe avant d’y aller, j’imaginais des forêts denses et vertes, infestées de moustiques, qui se déversent sur les plages de cocotiers. La Martinique, surtout dans le Nord, nous a offert un bon aperçu de cette luxure verte, mais c’est à la Dominique que nous nous sommes régalés devant une nature époustouflante.

Nous n’avons mouillé que dans le Nord de l’île (loin des circuits touristiques) car les bons mouillages sont très rares et nous voulions pouvoir laisser le bateau la journée pour explorer les terres.

Là nous avons retrouvé Rivière, un bateau-copain que Noé et Camille sont toujours ravis de revoir. La première excursion que nous partons faire ensemble fût la Rivière Indienne, Tom et Noé suivirent notre barque en kayak.

Nous avons alors découvert un décors digne d’un film (nombreux passages de « Pirates des Caraibes » ont été tournés à la Dominique), des arbres immenses (des mangles) plongeaient leurs racines dans la rivière en dessinant des reliefs étranges.
A notre approche, les crabes se cachaient et les oiseaux (des perroquets invisibles pourtant emblème du pays) se taisaient subitement.

Le lendemain nous sommes partis en forêt pour  la journée avec Sam qui nous a permis de reconnaître la faune et la flore locale et de nous faire découvrir avec amour les merveilles de son pays. Merci Sam pour ta générosité!
Au programme le « Waitukubuli national trail ».
Ses arbres: Mangle, Bwa Blan, Lawye Kaka, Chatannyé, Loliv (si si! photos à l’appui)

Autres plantes en tous genres: Fougères (certaines de 10m de haut), lianes,
Zel Mouche (Noé les a testées), Epiphytes.

 

 

Et autres animaux plus ou moins gros: lézards, fourmis et éléphant!!?

Puis Sam nous a menés le long de nombreuses rivières

pour  trouver la marmite idéale à la baignade dans l’eau claire et fraîche de « Chaudière Pools ».

Quel bonheur après ces journées sur la mer, de s’imprégner de l’odeur de la terre, de sentir cette force et cette énergie remonter de nos pieds et envahir notre corps. Ca nous a fait un grand bien à tous!

Nous avons profité de cet arrêt dans le jardin des Petites Antilles pour faire le plein de vitamines avec des pamplemousses délicieux, des petites bananes, papayes et mangues succulentes cueillies sur l’arbre!

   

Nous avons aussi eu l’occasion d’aller dans le territoire des indiens Caraïbes pour faire quelques projections de cinéma dans les écoles. Que d’émotions face à leur accueil si chaleureux et enthousiaste! Leurs rires nous habitent encore.

« Dominique la sauvage », ton feux d’artifice de beauté et d’amour nous manque déjà, ceci n’est qu’un au revoir

 

Olivier

Au revoir l’île aux fleurs…

Jeudi 15 mars.
Nous avons dû repousser notre départ d’une semaine, attendant que Camille soit totalement rétabli de sa grippe suivie d’une otite et d’une bronchite (ce qui lui vaut le bonnet sous les tropiques!). Mais cette semaine de rab nous a permis de passer un peu de temps avec nos amis de la Martinique et des bateaux-copains comme Zouéla et Rivière (Bateaux à bord desquels Noé et Camille trouvent des compagnons de jeux, d’où le nom de « bateau-copain»).
Aujourd’hui nous quittons La Martinique. Route au nord. C’est un peu comme si le voyage reprenait, comme si nous larguions à nouveau les amarres. Au revoir La Martinique.

Epidémie à bord!

 Martinique
Samedi 25 février
Nous sommes fins prêts pour accueillir ma famille à bord.
Je me réjouis autant que les enfants de les revoir et pouvoir enfin leur faire partager cette nouvelle vie. J’espère qu’ils apprécieront leur séjour et que nous pourrons leur en faire profiter pleinement.

Mercredi 29 février
Vincent est parti cet après-midi. Noé était tout ému ; trop ému pour venir lui dire au revoir sur le pont. Nous avons tous le cœur serré et cette boule qui serre la gorge. Vincent a partagé notre vie, notre quotidien, les hauts et les bas de cette folle aventure pendant deux mois. Nous en étions venus à oublier qu’un jour, il devrait repartir pour continuer SA folle aventure au Pérou. Au revoir Vincent et reviens vite nous voir !
Ce soir René se plaint d’un mal de gorge et un début de rhume. Hmmm … Il pense avoir pris froid dans l’avion. Ca ne l’a pas empêché de se baigner avec nous dans le lagon bleu turquoise de la petite anse Saline cet après-midi. Première fois que je vois René se baigner !!!!
Jeudi 1er mars.
René ne va vraiment pas fort. . Il tousse beaucoup. Il a beaucoup de fièvre et je le trouve très affaibli. J’ai du mal à croire à une simple rhinopharyngite. Je me fais du souci. Hmmm… Si demain il n’y a pas d’amélioration, je l’emmène chez le médecin.
Il pleut non-stop depuis cette nuit. Nous avons tout de même pu venir mouiller aux Anses d’Arlet, mais il pleut tellement qu’on ne voit même pas le rivage. C’est la désolation à bord. Les enfants le prennent plutôt bien et font de longues séances de constructions de Lego. Tout le monde s’y est mis…

Vendredi 2 mars, Les Anses d’Arlet.
Le temps semble s’améliorer. René a toujours un peu de fièvre et je le trouve très affaibli. Il ne veut pas aller voir un médecin et préfère se reposer. On en profite pour débarquer et lui laisser un peu de calme. Après un petit tour au marché, les enfants s’en donne à cœur joie à la plage et montre fièrement à leur tante et grand-mère leurs nets progrès en natation.
Vendredi soir.. Fanou se plein d’un mal de tête et de gorge. Elle a de la fièvre ! Je redoute l’épidémie de grippe !

Samedi 3 mars, L’anse Noire.
C’est l’hécatombe à bord de PlanetOcean !! Alors que René reprend du poil de la bête, Camille est à plus de 41° de fièvre depuis cette nuit, Noé ce matin se réveille avec un 39,5° et moi 39°. C’est bien la grippe!!!!!
Une de ces grippes qui va droit aux bronches et vous terrasse.
Nous qui ne l’avions jamais attrapé en Métropole !
GGGrrrrr ! Quel Dommage pour Fanou et René. Olivier et Catherine semblent passer au travers, grâce à leur petit verre de rhum quotidien disent-ils. A leur façon, ils trinquent aussi.

Mardi 6 mars.
Encore cette boule brûlante qui serre la gorge, j’ai du mal à respirer. Non ce n’est pas à cause de cette fichue grippe… C’est l’émotion. L’émotion des adieux. Mes parents viennent de repartir avec ma sœur… Je ne sais pas quand je pourrai les revoir. Nous avons choisi de partir pour cette vie nouvelle, mais nos proches, notre famille nous manquent souvent. On ne peut pas tout avoir et chaque choix comporte ses avantages et inconvénients. Ce n’est pas toujours facile d’aller au bout de ses rêves. Par ce blog, nous essayons de nous rapprocher de chacun de vous pour réduire, un peu, cet éloignement.

En cette belle soirée sous les tropiques, de chaudes larmes coulent sur mes joues. Des larmes d’amour, des larmes de vie.
Stéphanie

Carnaval Martinique, 21-22 Février

J’admire la patience, la ténacité, le positivisme et l’habileté de mon capitaine. Tantôt mécanicien, électricien, plombier, frigoriste, couturier ou stratifieur, il bichonne, soigne, répare PlanetOcean qui grâce à lui, connaît une seconde vie et se refait une seconde jeunesse. Je me sens un peu impuissante face à ces problèmes techniques qui ces derniers temps font le quotidien d’Olivier. Mais bon..
Aujourd’hui nous avons des tableaux moteur tous beaux, un circuit de charge électrique tout nickel, le foc est réparé. Il ne nous reste plus qu’à changer notre parc de batteries et Olivier n’aura plus qu’à souffler dans les voiles.
Ah non… Bing, au moment où on pensait être sortis des soucis, voilà que l’inverseur bâbord se coince une nouvelle fois. Retour dans les cales moteur pour Olive qui doit tout démonter, soulever le moteur, débloquer les mâchoires et remonter. Total, une demi journée en fond de cales par 38 degrés avec un doux parfum diesel !

 Pendant ce temps, à terre c’est la période du Carnaval, une autre expérience originale sur l’île aux fleurs. La semaine qui précède le jour des cendres est rythmée par les « vidés » quotidiens (entendre « défilés ») avec un thème différent chaque jour.

                        

Vidé « noir et rouge », vidé Pyjama à 5h du mat; vidé Noir et Blanc Fantômes le dernier jour qui est aussi le dernier vidé durant lequel on promène dans les rues le « vaval » (Mr. Carnaval) qui le soir même sera enterré.

Les défilés étaient à l’échelle du petit bourg du Marin. Un camion sono et un groupe de percussions avec quelques centaines de personnes (peut-être mille ?) déguisées formant le « vidé ».
    

Mais l’ambiance était au rendez-vous, chaleureuse, simple et bien sûr très festive. Les enfants ont beaucoup aimé bien que la sono fut trop forte au goût de Camille. Noé a un peu halluciné de voir des adultes déguisés de la sorte dansant, chantant dans les rues. Un peu timide au début, l’ambiance petit à petit a eu raison de lui et il a fini par rejoindre le vidé avec moi et danser au rythme des tambours.

Stephanie

Sainte Lucie, 16 au 20 Février

San Lucia, 5h de navigation houleuse (nous avions presque perdu l’habitude) nous amène dans le lagon de Rodney Bay. L’ambiance ici est très différente de la Martinique, plus anglo saxonne (ex colonie britannique oblige). Les gens sont très courtois, mais ça sent plus la politesse que le réel accueil chaleureux. J’en viens à préférer l’attitude certes nettement plus rustre des CapVerdiens par exemple, mais qui était plus vraie, moins codée, moins touristique.


Depuis Rodney Bay nous descendons la côte jusqu’à La Soufrière. Une caldeira entre les deux célèbres pitons de Sainte Lucie, emblème de leur drapeau.


Là on met l’ancre le cul à la plage et on s’attache aux cocotiers (le fond tombe à 40mètres d’un seul coup). Après de longues négociations avec les boatmen (qui viennent vous voir au bateau pour vous vendre des excursions ou des fruits légumes), puis les gars qui gardent votre annexe au ponton (d’ailleurs on sait jamais trop qui la garde vraiment) ou le chef des taxis, nous trouvons enfin un deal accessible à notre bourse (on est tout de même passé de 250 dollars EC à 40 !) et un chauffeur qui nous conduira à la Caldeira puis au Jardin Botanique.
Ca fait du bien de marcher dans la forêt, sentir la terre, se rouler dans la boue et voir du vert. J’ai la sensation de nourrir mes racines.

Depuis que nous vivons sur le bateau je comprends et ressens mieux la signification profonde de toutes ces expressions : « s’enraciner, avoir les pieds sur terre etc ». Ca fait du bien aussi de marcher à looonngues enjambées et ne plus piétiner sur le pont. Solliciter d’autres muscles dont je commençais à oublier l’existence.



La caldeira de la Soufrière est un site ultra-touristique, avec ses vendeurs de babioles « made in china », ses guides blasés au speech bien rodé ponctué de blagues presque pré enregistrées. Mais entre deux passages de groupes de paquebots de croisières le site se vide et redevient presque sauvage, plus naturel, plus vrai. Comme entre deux représentations, les guides soufflent un peu, se mangent un petit quelque chose au bouiboui du coin qui se transforme alors en cantine locale.
  
Après les fumeroles et autres lacs bouillonnants, nous faisons une sorte d’immersion culturelle et plongeons dans les bains de boue sulfureuse du volcan. On remonte un petit ruisseau d’eau boueuse très chaude pour aller s’enduire d’une boue noire, granuleuse qui sent le soufre (autrement dit l’œuf pourri).
Puis on laisse sécher avant d’aller faire un « plouf » dans la piscine d’eau (toujours très noire, très chaude !), pour tenter de se rincer… mais surtout se délasser. Parce qu’à ce stade vous êtes tellement crado, puant, bouillonnant, que vous lâchez prise et enfin vous vous foutez de tout, de votre apparence, des odeurs et vous profitez de cet état sauvage. Je vois encore la tête de Camille lorsqu’il nous a vu nous enduire de boue ; stupéfait. Par contre au début il n’a pas du tout aimé se faire tartiner. : « ils ne vont pas bien mes parents! ». Noé a trouvé ça trop génial. Ca lui a rappelé son hammam à Essaouira.

 

Après une bonne douche à l’eau claire et froide (pour réussir à se débarrasser de notre emplâtre boueux) nous repartons claqués, détendus et affamés. Les joues encore toutes rouges et avec notre nouveau parfum « œuf pourri » on casse la croûte (poulet boucané et pain à l’huile local. Si si, c‘est très bon, faut juste pas penser à sa ligne !) et on repart en direction du jardin botanique. Pour Camille c’est la sieste assurée sur le trajet, dans le taxi, sur le comptoir du guichet d’entrée au Jardin Botanique, dans les bras de papa.


Ce jardin est une merveille, un concentré de toute la végétation tropicale des Caraïbes. Fleurs, oiseaux multicolores, palmiers, cocotiers en tout genres, arbre cannelle, noix de muscade, agrumes, caféiers, cacaotiers, manguiers, mangle, etc…

     


Nous décidons de rentrer à pied, ce qui fait un peu halluciner les locaux qui ne sont pas habitués à voir des touristes marcher (comme eux) sur les bords de routes. Hors des circuits touristiques, à travers cette campagne luxuriante, les rencontres sont plus naturelles, plus vraies. On se salue quand on se croise dans les rues, fièrement les locaux nous souhaitent un bon séjour et de bien profiter de leur île.

       

Nous rentrons au bateau sur fond de coucher de soleil. On en a pris plein les yeux. Les enfants sont apaisés, comme ressourcés par ce périple à terre. Un plouf du soir et la nuit sera divine.

  

Le lendemain nous remontons vers le Nord, direction la célèbre Marigot Bay. J’avais découvert cette magnifique baie sauvage qui s’enfonce dans les terres il y a 15ans. A l’époque, il n’y avait là que deux bicoques qui faisaient office de bar et « d’épicerie ». Nous pouvions mouiller, seuls, au milieu de la baie et de sa végétation luxuriante, bercés la nuit par le chant des grenouilles.


Tout ça a bien changé. La baie est maintenant envahie de bateaux, d’une marina et ses boutiques à touristes « duty free ». L’endroit reste néanmoins très beau, mais a perdu de sa magie

Les vacances sont finies, nous devons rentrer en Martinique, finir les travaux sur Planetocean.


Février 2012, Martinique: l’île aux fleurs

La Martinique, Le Marin.
Cette longue escale à la Martinique fut un peu comme un retour à la maison. Nous y avions nos repères et Olivier y avait séjourné 2 mois lorsque nous avions acheté PlanetOcean, il y a 2 ans.

Notre première semaine en Martinique fut celle des retrouvailles pour Noé avec son grand copain Anatole et pour nous avec nos amis.

Nous profitons de conditions météos exceptionnelles pour aller visiter les anses sauvages du nord de l’île au pied de la Montagne Pelée (drôle de nom pour un volcan aujourd’hui recouvert d’une dense forêt tropicale). Mouiller à l’anse à Voile, l’anse Couleuvre et l’anse Céron nous donnait des allures d’explorateurs.

Noé a profité des eaux claires pour faire ses premières brasses tout seul, roulades sous l’eau et nager de la plage jusqu’au bateau avec son papa (et ses bouées, je rassure les grand-mères !). C’est là aussi que j’ai fait ma première exploration en masque-tuba avec lui. C’est émouvant de pouvoir partager cette découverte du monde sous-marin avec son fils, qui déjà s’applique à faire les signes de plonger et montre avec excitation (et parfois un peu d’appréhension), les bancs de poissons qui passent autour de lui. Lors de notre prochaine navigation vers l’ancienne capitale de la Martinique, St Pierre, les dauphins viennent nous faire un petit coucou.

Après une première escale technique (et pluvieuse !) au port du Marin nous réussissons à nous échapper et partons faire une virée à Sainte Lucie avant les prochains travaux avec l’électricien.


Stéphanie

Transatlantique 22 janvier-6 février

22 janvier 2012
Dimanche, 15h, nous quittons la baie de Faja d’Agua sur l’île de Brava par temps gris.
J’entends encore résonner la musique que jouait l’équipage du MOMO (le bateau des norvégiens saltimbanques avec qui nous nous sommes liés d’amitié) alors qu’ils quittaient la baie, en partance eux aussi pour leur transat, et le klaxon du 4×4 de Didi et Eva qui nous disent au revoir, nous souhaitent bon vent et bonne chance. Poignant. À bord pas un mot… Les cœurs sont serrés, nous sommes dans nos pensées, chacun vit à sa façon ce grand départ et ces nouveaux adieux.
Très vite une sorte de brume épaisse avale l’île qui disparaît telle un rêve. On distingue à peine ses contours, on force sur nos yeux pour ne pas la perdre, on sait qu’elle est là et pourtant déjà elle n’est plus et nous laisse seuls en mer, face à l’océan Atlantique que nous espérons traverser en 15 ou 21 jours.
La houle est encore bien formée, de travers avec des creux de 3-4m et le vent pas trop fort, juste comme il faut (20 noeuds). Je me demande comment se passera cette traversée. Comment chacun de nous va la vivre. Noé voit disparaître la terre sans appréhension. Camille se réveille de sa sieste, un peu chahuté par les vagues mais il a l’air de vite retrouver ses marques.
Nous y voilà, c’est parti pour la grande traversée. J’espère que tout se passera bien, sans avarie et sans gros temps.

26 janvier
Notre capitaine est malade. Tous les symptômes d’une sorte d’intoxication alimentaire (bien que nous ayons tous mangé la même chose), à moins que ce soit le cumul de fatigue, couplé à une grosse mer qui lui aurait donné une forme de mal de mer… Vincent et moi assurons la navigation de jour comme de nuit et je prends soin d’Olivier cloué au lit mais dont l’état est stationnaire. Je surveille…. Hmmm…

28 Janvier
Ne pas penser à l’arrivée.. Ne pas penser aux 2000 miles qui nous séparent encore des Caraïbes. Ne penser qu’à sa route, seul aujourd’hui compte. Ne pas regarder le compteur des miles parcourus, ni calculer les miles qu’il nous reste encore à parcourir lorsque nous faisons le point sur la carte.
Seule la route compte, le cap, le réglage des voiles, les occupations des enfants pour qu’ils vivent sereinement leur espace restreint. Casser la monotonie spatiale pour mieux vivre la transat.
Nous glissons sur l’océan et pourtant j’ai parfois l’impression de ne pas bouger et ressens une grande sensation d’enfermement. Etrange ce mariage entre liberté et incarcération. Au début seul le sommeil me permettait de m’échapper loin du bateau, loin du mouvement incessant et du bruit permanent. Et puis vient l’abandon, cet instant où j’ai cessé de penser à l’arrivée, au nombre de jours qu’il nous restait en mer. Cet instant où j’ai accepté de vivre pleinement, en pleine conscience, le présent. Tout simplement vivre et apprécier chaque instant, lâcher prise et soudain mon espace de vie s’est élargie, mon monde était devenu infini. « Vivre notre quotidien et oublier où l’on va », faire de cette transat mon quotidien fut le seul moyen pour moi de bien la vivre.

29 janvier
Olivier va mieux. Ouf… Ce n’était rien de trop grave, une indigestion et le mal de mer . Nous allons pouvoir reprendre nos ¼ de nuit de 4h-5h seulement et les siestes de récupération la journée.
Mais il crise un peu notre capitaine parce que le vent est tombé et on se traîne à 3 noeuds… et ça il aime pas ! Il a pas l’air d’avoir envie de se faire une transat de 3 semaines. Bon je le comprends, nous non plus ; car nous risquerions alors être short en gaz, en eau douce et Noé ne pourrait pas revoir son copain Anatole qui est en vacances à La Martinique jusqu’au 11 février. En même temps, à part invoquer le dieu Eole, régler au mieux les voiles pour choper la légère brise, mettre le spi, on ne peut pas faire beaucoup plus.
Les enfants sont super, car pour eux non plus ce n’est pas toujours simple de vivre cette promiscuité constante, dans un bateau qui bouge tout le temps sans pouvoir sortir courir ou nager. Par contre, pas temps calme comme aujourd’hui, ils en profitent pour aller se défouler avec nous sur le trampoline. Au programme, roulades, galipettes etc.

30 Janvier. 1000 miles du cap vert… presque la moitié de la transat
Les ¼ de nuit se suivent et ne se ressemblent pas. À défaut de naviguer sous un ciel étoilé, ce soir nous glissons sur une mer d’étoiles, illuminée par des milliards de planctons phosphorescents. Hier soir la nuit était si calme qu’on se serait presque cru au mouillage, le vent faisait défaut et on se traînait à 3 nœuds (ce qui met le capitaine un peu en rogne). Et puis il y a des nuits comme cette nuit, il ne fait plus froid mais il pleut et le vent tourne sans cesse ne me laissant pas de répit. Il faut barrer pour soulager le pilote automatique et dès qu’on peut souffler un peu on rentre se mettre à l’abri et moi j’en profite pour vous écrire ces quelques lignes au beau milieu de la nuit et de l’océan.
Hier, alors qu’il y avait « pétole » nous en avons profité pour couper les cheveux aux enfants (et au capitaine) sur le trampoline suivit d’une douche à l’eau de mer et dernier rinçage à l’eau douce chauffée au soleil. Et puis nous avons sorti le spi, au grand bonheur des enfants qui le trouvent beau, même si Camille a « un peu peur » comme il le dit si bien. Et puis tant que c’était calme nous en avons aussi profité pour faire quelques ateliers (pâte à modeler, bande dessinée etc.) Lorsqu’il fait beau nous installons la petite piscine aux enfants (vive le cata), qui pataugent avec délices.

Aujourd’hui c’était l’anniversaire d’Olivier. Les enfants lui ont confectionné un collier comme cadeau; le vent était également au rendez-vous ce qui a eu vite fait de rendre le sourire au capitaine. Nous avons même pu manger dehors !

2 février
Les Alizés sont bien établis, régulier à 20-25 nœuds, et malgré une houle bien formée nous faisons enfin nos 7 nœuds de moyenne avec des pointes à 10 nœuds. Le capitaine a le sourire. Pour les enfants, on adapte les ateliers en fonction de la houle, du nombre de poissons volants qui ont atterri sur le bateau pendant la nuit et de la pêche. Ils vont être calé question anatomie du poisson …

Je me souviens…
Je me souviens lors de cette navigation à Brava de Puerto Da Furna jusqu’à Faja d’Agua. Des vagues de 3m dans le nez, secoués comme dans une machine à laver, je m’étais assise dehors sur la banquette à « l’abri » des vagues et du vent avec les enfants sur les genoux. Camille disait qu’il avait peur et Noé se plaignait un peu de commencer à avoir le mal au ventre. J’entrelaçais mes enfants pour les rassurer. Nous regardions Olivier à la barre, nous nous amusions à compter les grosses vagues et les surfs et riions (sans se moquer!) lorsque le capitaine se mangeait quelques embruns ou esquissait les plus grosses vagues. Et puis elle est arrivée : La Grosse Vague ! Celle dans laquelle PlanetOcean a est venu taper, et qui est passée par dessus le trampoline, le roof du bateau pour nous arriver droit dessus et nous tremper jusqu’aux os en un ¼ de seconde. Camille et Noé poussent un cri de surprise, tétanisés par la peur puis éclatent de rire ! Ah on fait moins les malins ! La vague a aussi inondé le bateau… va falloir se sécher et éponger.

4 février
PlanetOcean dévore les miles. Nous venons de modifier notre point d’atterrissage afin que Noé qui parle beaucoup de ses copains d’école, puisse voir son copain Anatole à la Martinique. Donc nous ne nous arrêterons pas à la Barbade… Si nous gardons la même vitesse de croisière nous devrions pouvoir arriver autour du 6 ou 7 février au port du Marin à la Martinique.
Les fins de journées commencent à être un peu difficiles pour les enfants qui ont alors besoin de se défouler physiquement mais la houle est trop forte pour aller jouer sur le trampoline.

Heureusement nos prises de pêche viennent les divertir un peu, les séances piscine-mousse permettent de faire sortir les émotions et les cabanes dans le carré (avec les coussins des banquettes) ouvrent d’autres horizons.

5 février
Avant cette transat je dois admettre que j’ai bien cru que jamais je ne me ferai aux bruits et aux mouvements brusques et permanents du bateau. J’appréhendais le mal de mer et ces 2 ou 3 semaines en huit clos au beau milieu des flots. Après ces 14 jours de mer, et surtout après avoir lâché prise, oublié l’arrivée et m’être plongée dans le présent je vis mieux la mer. La nuit pendant mes quarts j’ai parfois encore des peurs qui remontent, mais maintenant que j’arrive à mieux manoeuvrer la bête, je prends confiance. Le capitaine aussi puisqu’il n’accourt plus au 1er empannage. J’aurais même presque du mal à le tirer de ses rêves parfois pour me relever ou m’aider dans un virement de bord. Hi hi hi.
La mauvaise surprise ce matin au réveil fut de voir que notre foc commençait à se déchirer… Il va avoir besoin d’une remise en beauté en arrivant.
Nous devrions apercevoir la Martinique dans la journée de demain… Je n’ai presque plus envie d’arriver et je savoure mon dernier quart de nuit, seule avec Planet au milieu de l’océan. Je croise au loin le premier bateau depuis notre départ… Un avant-goût de la terre… Oh noooon !

6 février
10h du matin Terre en vue ! Au loin dans la brume…
J’avais imaginé que nous serions tous hyper excités à cet instant.. mais étrangement non… et il règne à bord une étrange atmosphère. Nous sommes tous un peu pensifs… il va falloir atterrir, se remettre à un autre rythme de vie.
Nous longeons la côte Sud de la Martinique. Les enfants viennent de réaliser que l’arrivée était proche et ils sont maintenant très excités à l’idée de pouvoir aller se baigner et jouer dans le sable. Le vert de la forêt tropical flash sur l’eau turquoise.
Un premier portable est ranimé .. et aussitôt il sonne… « Orange vous souhaite la bienvenue à La etc.. » OOhh Naannn !
15h Nous mettons l’ancre à l’eau ! 15 jours après notre départ du Cap Vert. 15 jours qui pour moi resteront une belle leçon de vie, avec la nature, avec le temps, avec moi même.

Stéphanie

Brava, Cap-vert 20 janvier

Vendredi 20 janvier,

Nous n’avions pas imaginé rester si longtemps au Cap Vert, mais les conditions et les rencontres ont prolongé notre séjour. D’abord la météo n’était pas au top : des vents assez forts et surtout une mer formée et une houle croisée, puis les rencontres sur Brava, la dernière ile à l’ouest de l’archipel .

A porto da Furna nous avons eu la chance de rencontrer Albert. Un jeune homme qui parlait 4 langues différentes sans être allé à l’école, rien qu’au contact des voyageurs. Il vivait seul depuis que sa famille (parents, frère et cousins) était partie à Boston. Il nous a guidé avec passion et nous a fait decouvrir son village très accueillant. Nous avons pu faire une projection cinema aux enfants du village qui en demandaient encore et encore! Puis nous avons du partir a porto Da faja pour faire le plein déau douce ou nous avons retrouvé l’équipage de Momo (19janvier), petit voilier de 8m sur lequel voyagent 5 jeunes norvégiens acrobates .
Nous trouvons sur Brava une atmosphère différente des autres iles, les habitants sont plus ouverts à discuter, plus souriants et chaleureux. Les paysages sont magnifiques et les promenades très agréables.
Je lisais dans notre Atlas des Iles Abandonnées une note sur le Cap Vert que nous ressentons fortement d’ici:  » Il regne un sentiment éclaté. Un pays qui ne se connait pas d’ancetres. Tous ceux qui vivent ici sont des descendants de laisses-pour-compte et d’esclaves, d’emigres volontaires ou involontaires. Ils sont autant dispersés que leurs îles sont éclatées ». Les 2/3 habitent hors du pays, aux USA ou en Europe et ceux qui restent vivent principalement de ce que leurs familles leur envoie ou de ce que la mer ou la terre veut bien leur offrir.
Le « retard » dans notre planning devrait nous permettre de naviguer plus confortablement et donc plus sereinement, mais nous devons donc refaire un avitaillement de frais car nous avons dû manger les tomates mures et les maracujas qui pressaient. Il faut aussi refaire un complément d’eau car nous n’avons pas de déssalinisateur et nous emportons de l’eau pour 3 semaines de vaisselles (surtout rinçage, on lave à l’eau de mer), douches (idem) et cuisson. Cela tombe bien, car l’eau d’ici provient d’une source naturelle et elle est de très bonne qualité. Nous ne la boirons pas pour autant (sauf bouillie) et embarquons de l’eau minérale en bouteille.
A tres bientot, de láutre cote de l océan…